L’initiative portée par Emergence Forage BTP franchit un nouveau cap. Après le succès enregistré en 2025, la 2ème édition du Championnat du maraîchage a été officiellement lancée ce jeudi 19 février 2026 lors d’une conférence de presse organisée à Bamako. L’événement a réuni plusieurs acteurs clés du secteur agricole, parmi lesquels APCAM, ORTM, la SOGEBA, et l’UNCPM.
Une édition que les organisateurs annoncent plus ambitieuse, plus inclusive et davantage tournée vers la professionnalisation du maraîchage malien.
Un secteur à structurer, un défi à relever
Prenant la parole, le président de l’APCAM, Samoussi Sylla, a salué l’initiative d’Emergence Forage BTP, qu’il considère comme une contribution directe à la structuration d’une filière encore sous-exploité au Mali. « Quand on parle du système agricole, on parle d’abord d’eau », a-t-il rappelé, soulignant la pertinence d’un concours dont la récompense principale est un forage offert au gagnant.
Le président a également insisté sur le paradoxe que représente l’importation de produits horticoles alors que le Mali dispose à la fois d’eau, de terres fertiles et d’une population jeune majoritairement rurale. Pour lui, la solution réside dans la structuration, la professionnalisation et la visibilité des producteurs.
Il a par ailleurs détaillé les quatre critères d’éligibilité au concours à savoir : disposer d’une parcelle sécurisée; avoir une source d’eau; maîtriser les itinéraires techniques et respecter l’environnement.
Autant d’éléments destinés à garantir que les candidats soient de véritables professionnels capables de tirer profit d’un éventuel forage.
Emergence Forage BTP voit plus grand pour 2026
Intervenant à son tour, Abdoulaye Mounkoro, PDG de l’entreprise Émergence Forage BTP, a rappelé les difficultés et les réussites de la première édition qui avait couvert quatre régions. L’événement avait couronné Mme Awa Konta, présente lors de la conférence avec son trophée, et avait permis l’installation d’un forage sur son site maraîcher.
»Des commissions régionales composées de l’UNCPM, de la Chambre d’agriculture et des directions régionales de l’agriculture seront chargées de la présélection des candidats.
Chaque région devra proposer trois maraîchers individuels et une coopérative, une formule pensée pour inclure davantage d’acteurs malgré des moyens encore limités.
À partir du mois de mars, les candidats retenus recevront des équipements bottes, gants, tenues afin de professionnaliser davantage l’image du maraîchage », précise M. Mounkoro. « Nous voulons donner une autre image du maraîchage malien », a insisté Mounkoro. L’objectif : démontrer que le secteur est capable de générer emplois, revenus et autosuffisance.
Sponsor majeur de l’événement, la SOGEBA a réaffirmé son engagement à accompagner cette initiative qui s’inscrit dans sa mission : fournir semences, engrais et produits phytosanitaires de qualité au marché malien. Son représentant a assuré que l’entreprise serait présente « jusqu’au bout » de cette édition.
Pour l’UNCPM, représenté par Abdoulaye Bamba, ce championnat constitue bien plus qu’un concours : c’est un véritable forum de valorisation du travail des maraîchers, notamment des femmes qui constituent l’épine dorsale de la filière. L’enjeu est double : renforcer la visibilité du secteur et stimuler l’intérêt des jeunes.
Moussa Ibrahim
