Crimes coloniaux, l’heure des compensations à sonner, c’est du moins ce que l’Union africaine a décrété en 2025 Comme l’année des réparations, les chefs d’etats de l’UA en 2021 ont demandé justice pour les africains et les personnes d’ascendance africaine par les billets des réparations. Cette décision a été prise au cour de la 37e session ordinaire de l’Assemblée de l’Union qui s’est tenue les 17 et 18 février en Éthiopie. Elle fait suite à la proposition issue de la conférence d’Accra sur les réparations en 2021. C’est dans ce contexte, l’agence de communication Youri communication en partenariat avec la chaîne panafricaine Africable Télévision et l’accompagnement des acteurs de médias à organisée hier au grand hôtel de Bamako une table ronde sur la thématique, crimes coloniaux, l’heure des comprendre à sonner, cela à travers : les enjeux et défis pour la réparation financière des crimes coloniaux perpétrés sur les Africains. L’objectif de cette initiative et de faire progresser le discours et les actions en faveur de la justice réparatrice pour les injustices historiques découlant de l’esclavage transatlantique du colonialisme et ainsi que du racisme systémique persistant. Cela inclut non seulement des compensations financières, mais aussi des restitutions symboliques des réformes institutionnelles, la restauration culturelle, l’éducation publique et des politiques économiques inclusives. En effet pendant des siècles l’ombre du colonialisme a plané sur des vastes régions du monde et d’Afrique. Le débat était animé par une crème d’intellectuelles dont, l’éminent journaliste et écrivain, Daouda Tekété, Me Assane Séye, auditeur de justice, honorable Youssouf Z Coulibaly, Dr en droit public, membre du CNT, Honorable Fousseyni Ouattara, économiste membre du CNT et Honorable Mohamed Ousmane ag Mohamedoune, membre du CNT, expert en relations internationales, Diplomatie et communication.
Les sujets de discussions ont tourné tout autour des réparations pour un développement durable de l’Afrique, une évaluation des dommages et compensations financières et les perspectives de la création d’une cour Africaine de justice du Sahel pour des pistes d’action. Après la brève présentation et introduction de l’éminent journaliste et poète, Robert Dissa, l’initiateur de ce 3eme forum de discussions des intellectuels Africains. Dans son contexte, le président de la Commission Nationale des Droits de l’homme, Pr Alkadri Diarra estime que l’engagement politique de l’Etat du Mali en matière de droit à la réparation des victimes ne fait l’objet d’aucun doute, et cela en raison de la souscription de la quasi-totalité des instruments juridiques internationaux et régionaux des droits de l’Homme dont des dispositions spécifiques traitent de la question du recours et de la réparation des victimes. Nous pouvons citer entre autres : la Déclaration universelle des droits de l’homme (article 8) ; le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (article 2) ;la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (article 6), la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (article 14), la Convention relative aux droits de l’enfant (article 39), la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (article 7). Le président soutient que la législation nationale conformément à ces conventions traite spécifiquement du sujet, à travers notamment : la Loi n° 2012-025 du 12 juillet 2012 portant indemnisation des victimes de la rébellion du 17 janvier 2012 et du mouvement insurrectionnel du 22 mars 2012. Il s’agit de construire un avenir plus juste et stable à travers la voix des experts éclairés et des témoins pour nous aidé à comprendre, ouvrir nos esprits sur les multiples dimensions de cette problématique de la réparation des crimes coloniaux perpétrés contre les Africains. Dans son exposé, l’éminent journaliste-écrivain et historien Daouda Tekété a fait un rappel historique du passé colonial et du futur des relations africaines depuis la fédération avec le Mali, les enjeux et les modalités des compensations justes ont été développés par les uns et les autres panélistes, notamment par les magistrats et publiciste en droit. A la lumière des interventions des panélistes, il est ressorti de l’avis de l’intelligentsia Africain porté par l’AES d’aller vers la création d’une cour de justice du Sahel réellement réparatrice pour l’Afrique car la CPI a montré ses limites, exigez du colonisateur une reconnaissance et réparations des dommages causés. Entres autres, une impérative des réparations et des compensations et pistes d’action concrètes pour le Mali et l’Afrique ont été soulignés par l’honorable Youssouf zen Coulibaly, Docteur en droit. L’honorable Fousseini Ouattara a mis l’accent sur la quantification et évaluation des dommages coloniaux au mécanisme de réparation financière et de l’institution, pour l’honorable Ousmane Mohamed, les réparations coloniales, un impératif de justice pour le développement durable au Mali et de l’Afrique. Au titre des témoignages plusieurs personnalités à travers une projection vidéo, notamment, l’économiste et historien sénégalais a entretenu l’assistance sur son regard qu’il porte sur cette affaire de réparation et des compensations. En tout état de cause, l’histoire nous interpelle et nous rappelle la justice, même tardive est une exigence morale et un billet de la réconciliation. Cette table ronde est un appel à la réflexion, un espace de dialogue constructif et surtout une plateforme pour aborder de front la question cruciale des réparations.
Alassane H Cissé
