LES VORONEJIENS INDIQUENT LA VOIE…
Dr. Ibramima Samaké, ci-devant ministre de l’Agriculture, a parrainé une conférence de bonne saison, le samedi, 15 août, jour traditionnellement désigné en bambara « tiotio kalo tilé Tan ni Dourou », c’est-à-dire le 15 du mois des abondantes pluies en période d’hivernage. Conférence de saison parce que le thème du sujet traité avec brio et avec un enthousiasme débordant par Dr. Alou Barry (Ph. D en Sciences Alimentaires) était opportunément « Comment nourrir les Maliens d’ici 2050 », dans un petit quart de siècle, à l’orée duquel avec notre généreuse démographie, le Mali comptera quelques 50 millions d’âmes, le double du nombre d’aujourd’hui. Conférence stratégique donc, dont l’importance nationale saute aux yeux. Elle a été voulue, pensée et organisée par l’Association des anciens Étudiants et Stagiaires Maliens de Voronej (ex-URSS et Fédération actuelle de Russie) qui, par souci du bien-être pour tous et en raison de son attachement à la patrie, avait réussi en juillet 2025 une brillante conférence sur les relations russo-maliennes, avec comme points de mire les atouts et les opportunités dont recèlent celles-ci.
Dr. Samaké, le ministre de l’Agriculture, au regard de la pertinence du thème, a exprimé son réel plaisir et la responsabilité qu’il en prennant la parole à l’occasion de « cette importante conférence consacrée à une question qui touche au cœur même de l’avenir de notre Nation, non sans exprimer sa profonde gratitude à l’Association des Anciens Étudiants et Stagiaires de Varonej (AESV)-Russie pour le privilège et l’immense honneur qu’elle lui a fait en le choisissant comme parrain de cette conférence historique. « Comment nourrir les Maliens d’ici 2050 ? » Et d’ajouter : « Cette question n’est pas simplement une question agricole. Elle est une question de souveraineté, de sécurité, de santé publique, de stabilité sociale, de développement économique et de dignité nationale. Elle nous interpelle aujourd’hui, mais elle engage surtout notre responsabilité vis-à-vis des générations futures. À l’horizon 2050, le Mali sera appelé à nourrir une population beaucoup plus importante, dans un contexte marqué par les changements climatiques, la pression sur les ressources naturelles, l’évolution des habitudes alimentaires, l’urbanisation et les mutations des marchés agricoles… Notre réponse doit donc être à la hauteur du défi. Nourrir le Mali en 2050 : une ambition nationale. Nous devons avoir une conviction forte : Le Mali peut nourrir les Maliens. Notre pays dispose de terres, d’eau, de soleil, de vastes espaces pastoraux, de fleuves, de producteurs dévoués, du savoir-faire et d’un potentiel agricole considérable. Mais le potentiel ne suffit pas. Il faut transformer notre agriculture pour passer progressivement d’une agriculture essentiellement dépendante des aléas à une agriculture productive, moderne, résiliente, compétitive et créatrice de valeur. Mais notre objectif ne doit pas être seulement de produire davantage. Nous devons produire mieux, transformer davantage et mieux nourrir notre population… » L’on comprend que l’importance du sujet a mobilisé des sommités des questions agricoles, de l’autosuffisance alimentaire, de la sécurité alimentaire, de santé publique, de production efficiente et de commodités bienveillantes pour les producteurs que sont les paysans. Ministres, anciens ministres, notamment de l’agriculture, anciens PDG de l’Office du Niger, spécialistes, élus et membres du CNT ont participé à la conférence avec un intérêt évident. Il est à espérer que tout ce qui y a été développé et recommandé parvient par leur soin à des oreilles autrement bien curées qui sont celles… Les « Voronejiens » ont indiqué la voieAmadou N’Fa Diallo
Source : journal Le National n° 806 du lundi, 17 août 2026.
