Alors que la nouvelle taxation des services de communication, instituée par les autorités de transition, continue de diviser les Maliens depuis son entrée en vigueur le 5 mars dernier, le M5-RFP Mali Kura et le parti « Yelema », dans un communiqué conjoint rendu public le 12 mars 2025, demandent l’abrogation pure et simple de l’Ordonnance ainsi que de son décret d’application.
Sous les sceaux respectifs des deux présidents, en l’occurrence l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé et Dr Youssouf Diawara, les deux entités ont pointé du doigt la légalité de la création desdites taxes par Ordonnance. En effet, du point de vue du M5 Mali Kura et de Yelema, cette taxation «est une mesure injuste de spoliation des populations déjà très éprouvées, souvent ruinées par la crise énergétique à laquelle le gouvernement n’a toujours pas apporté un début de solution, la destruction des dizaines de milliers d’emplois liée à la fermeture de milliers d’entreprises, d’ONG et de projets, et par la cherté de la vie ». Par conséquent, ils demandent aux autorités leur abrogation, surtout que la mesure, aux yeux des deux entités, «ne fait pas partie des domaines dans lesquels le CNT a clairement autorisé le gouvernement à légiférer par ordonnance».
Les responsables de Yelema et de M5 Mali Kura ont par la même occasion dénoncé l’augmentation des budgets alloués à la Présidence de la République, au Gouvernement et au CNT à coups de milliards et en dépit des plaidoyers pour leur réduction «à travers tous les fora»
Et ça n’est pas tout. Tout en estimant que la taxe est injuste, le M5 Mali Kura et Yelema jugent par ailleurs suspect et inopportun le fait de loger le fonds sous la tutelle de la présidence de la République, avec la possibilité d’ouvrir la voie à toutes sortes de dérives.
Amidou Keita
Source : Le Témoin
Urbanisme et de l’habitat : 3 milliards francs CFA pour prévenir les inondations
Les habitations érigées sur les servitudes et lits des 11 marigots qui traversent la capitale seront démolies avant l’hivernage prochain. Ainsi en a décidé la Direction nationale de l’urbanisme et de l’habitat, sur instruction du Président de la Transition, le Général Assimi Goïta afin de mettre un terme aux inondations et autres catastrophes naturelles et leur lot de morts d’hommes et de dégâts matériels. L’information a été donnée, le 14 mars dernier, lors d’un point de presse animé par Mahamadou Ouelemguem.
«Les occupations illicites des domaines publics et privés de l’Etat sont devenues un phénomène courant dans notre pays. Elles ont atteint des proportions inquiétantes et concernent les emprises et les servitudes des domaines ferroviaires, des cours d’eau, des forêts classées, des zones agricoles, des zones de pâturages, des édifices publics et des équipements collectifs, particulièrement dans le District de Bamako et ses environs», a déclaré le Directeur national de l’urbanisme et de l’habitat, avant d’annoncer leur démolition systématiquement. La Direction nationale de l’urbanisme et de l’habitat, selon son patron, a recensé plus de 700 occupations illicites sur les lits et les servitudes des 11 marigots du District, a-t-il précisé. Réalisées le plus souvent avec la complicité de certains agents de l’administration, lesdites installations sont incompatibles avec la politique de planification et de maîtrise du développement urbain. « Elles contribuent, d’une part, à entraver la mise en œuvre des politiques de développement à travers les programmes d’investissements, d’exécution des réseaux routiers ou électriques et, d’autre part, à exacerber les litiges fonciers», a déploré Mahamadou Ouelemguem, en rappelant au passage les dispositions de la loi domaniale selon lesquelles le domaine public est inaliénable et incessible.
Cette opération, dont le coût est estimé à 3 milliards de FCFA, vise à dégager les voies naturelles, l’évacuation des eaux afin de prévenir les inondations qui paralysent Bamako chaque saison des pluies. Toutefois, le gouvernement ne prévoit aucune indemnisation pour les propriétaires des maisons concernées. Seuls les locataires desdites maisons bénéficieront d’un accompagnement de trois mois, période au terme de laquelle ils sont appelés à se reloger. Et après la libération, le ministère de l’urbanisme et de l’habitat prévoit la réhabilitation de trois cours d’eaux non flottables grâce au projet résilience urbaine Bamako.
Amidou Keita
Source : Le Témoi
