SOLUTION DE FOND.
Si nous partons de l’espérance de vie établi dans notre pays, ceux qui ont 50 ans peuvent être sûrs qu’ils ne verront pas le Mali sortir de l’abîme dans laquelle il est.
Il m’arrive de me demander, si nous sommes réellement conscients de la gravité et de la complexité des crises auxquelles nous faisons face. La crise du carburant que le pays traverse par exemple, qui va malheureusement duré , bien qu’elle soit la plus dure épreuve économique que nous affrontons depuis l’ouverture de la Transition, n’est en réalité que la conséquence d’une crise sociale et politique plus profonde. Cette dernière tire sa source de la psychologie collective malienne, qui a toujours determiné le processus de construction de notre nation.
De 1968 à nos jours, tous les régimes politiques qui se sont succédé au Mali, ont fonctionné sur les règlements de comptes et la vengeance. Les » Moussaistes » se sont vengés des » Modiboistes « . les démocrates se sont vengés des » Moussaistes ». Ceux qui sont au pouvoir sont entrain de se venger des démocrates et des rebelles. Ceux qui viendront après ceux qui sont là, se vengeront très probablement de ceux qui sont là. Ceux qui suivront ceux qui seront là après ceux qui sont là, se vengeront de ceux qui viendront après ceux qui sont là etc. Voilà le schema de la chaîne alimentaire politique malienne.
Tant que nous ne procéderons à la rupture du cycle de la vengeance dans notre pays, nos conflits de tous ordres contunieront à s’exacerber. Le mépris et la haine entre maliens resteront attisés, et nous ne formerons jamais un bloc unique contre les dangers qui nous menacent. Certains parmi nous les souhaiteront et les appalaudiront d’ailleurs , à tord ou à raison. Ce pays connaîtra alors assez difficilement la stabilité politique et l’équilibre social.
La persistance de la crise de l’électricité, la dissémination fulgurante de l’hydre terroriste et de son ancrage, la virulence de la crise du carburant, la détérioration générale de la situation économique et sécuritaire du pays , ne sont ni plus moins que les conséquences du déroulement du rouleau de la vengeance et des règlements de comptes.
Une solution de fond pour une thérapie transversale est indispensable pour notre survie. Elle passe inéluctablement par un long processus de reconstruction nationale, dont la toute première étape passera par un vrai, sincère et franc dialogue maliano-maliens véritablement inclusif, pour panser les plaies, discuter des nouvelles orientations qu’il faut donner à notre vivre ensemble, avec comme instrument la justice sociale. C’est ce qui nous permettra d’aborder en toute sérénité, la résolution de l’équation Paix-Sécurité-Réconciliation-Développement dans notre pays, un processus qui prendra au moins 20 ans, à condition que nous le débutions immédiatement et sans délai.
Bonne semaine.
Source: Fabou KANTÉ
Citoyen Lambda.
