INFJ-MDD : Les capacités des acteurs judiciaires renforcées !
Dans le cadre de la mise en oeuvre Projet PROSMED, l’Institut National de Formation Judiciaire Maître Demba Diallo (INFJ-MDD), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a initié lundi 27 avril 2026, au sein de l’institut, deux sessions de formation de trois jours d’une part à l’intention des assesseurs coutumiers et des interprètes judiciaires, et d’autre part, les greffiers en chefs et les secrétaires généraux du parquet. L’ouverture des travaux était présidée par Dr Toubaye KONÉ, Directeur général de l’institut, en présence des formateurs et des participants.
Les deux sessions se sont déroulées dans les salles différentes. Rappelons que la formation des assesseurs coutumiers et des interprètes judiciaires est une initiative s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités des acteurs intervenant dans la chaîne judiciaire, en vue d’améliorer la qualité du service public de la justice au Mali. Dans son allocution, le formateur M. Diassana a remercié l’INFJ pour la confiance renouvelée, rappelant que « l’on ne finit jamais de se former ». Il a invité les participants à tirer pleinement profit de ces trois jours d’échanges et de renforcement de capacités. Prenant la parole pour l’ouverture des travaux Dr Toubaye Koné a souligné le caractère inédit de ce module, une première depuis la création de l’établissement en 1981. « C’est votre école », a-t-il insisté à l’endroit des participants, rappelant que l’INFJ, initialement dédiée à la formation des magistrats, a progressivement élargi son champ d’action aux greffiers et autres acteurs judiciaires, y compris, désormais, les assesseurs coutumiers et interprètes. Le directeur général a mis l’accent sur le rôle crucial de ces acteurs dans le fonctionnement de la justice. Selon lui, les assesseurs, appelés à siéger aux côtés des juges avec voix délibérative, doivent faire preuve de la même rigueur et des mêmes exigences que les magistrats. « Lorsque vous portez le manteau du juge, toutes les obligations qui s’imposent à lui s’imposent également à vous », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité de neutralité et de retenue, notamment lors des audiences.
Évoquant les insuffisances constatées sur le terrain, Dr Koné a justifié la mise en place de ce module par le besoin de professionnaliser davantage ces auxiliaires de justice. Il a également salué l’expertise du formateur principal, Christian Idrissa Diassana, magistrat à la retraite et ancien conseiller à la Cour suprême, qui a contribué à l’élaboration du contenu pédagogique.
Les greffiers en chef et les greffiers des Secrétariats généraux du parquet mieux outillés pour faire face au travail
La deuxième session de formation a concerné aux greffiers en chef et aux greffiers des Secrétariats généraux du parquet des juridictions de premier degré et de Cour d’appel. L’ouverture était placée sous la présidence de Madame AG Fatoumata COULIBALY, Coordinatrice de la formation continue des greffiers à l’INFJ-MDD, en présence du Procureur près le Tribunal d’instance de la Commune V du District de Bamako, M. Ousmane Fati ainsi que la formateur, M. Salif Diarra. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de modernisation et de renforcement de l’efficacité de l’administration judiciaire au Mali.
Pendant trois jours, les participants sert outillés sur les pratiques professionnelles essentielles liées à la gestion du parquet, avec un accent particulier sur la maîtrise des procédures, l’utilisation des outils de travail, ainsi que le respect de l’éthique et de la communication professionnelle.
Dans son intervention, l’expert-formateur, Salifou Diarra, a mis en exergue le rôle stratégique des greffiers dans la chaîne pénale. Selon lui, la maîtrise des outils de gestion du parquet constitue un levier indispensable pour garantir la fluidité des procédures judiciaires et assurer la sécurité juridique. « Le bon fonctionnement du parquet repose en grande partie sur l’efficacité du travail administratif et technique assuré par les greffiers », a-t-il souligné.
De son côté, le Procureur près le Tribunal d’instance de la Commune V du District de Bamako, Ousmane Fati, a insisté sur la nécessité de conjuguer rigueur et professionnalisme. Il a rappelé que la complémentarité entre magistrats et greffiers demeure un pilier fondamental pour une justice crédible et performante.
Procédant à l’ouverture officielle du séminaire, la Coordinatrice de la formation continue des greffiers à l’INFJ-MDD, Mme AG Fatoumata Coulibaly, a salué l’engagement des participants et des formateurs. Elle a souligné que cette session vise à consolider les acquis des greffiers tout en les adaptant aux évolutions constantes de leurs missions.
Dans son allocution, elle a rappelé que les greffiers occupent une place centrale dans le fonctionnement quotidien de la justice. « Par la réception et le traitement des dossiers, la tenue des registres et le suivi des procédures, vous garantissez la fiabilité et la traçabilité des activités judiciaires », a-t-elle déclaré.
Mme Ag a également mis l’accent sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les différents acteurs du système judiciaire, notamment les magistrats, les chefs de greffe et les partenaires institutionnels.
Alassane Cissé
