Lancée à la mi-juillet 2026 à Bamako, la première édition de la Success Academy s’est clôturée par une série de rencontres entre des adolescents et des entrepreneurs locaux. L’objectif affiché par les organisateurs est d’insuffler la culture du projet et développer les compétences comportementales des leaders de demain.
Sortir des sentiers battus de l’école traditionnelle pour confronter les plus jeunes aux réalités du monde de l’entreprise. C’est le pari lancé par Joseph Roland Traoré, promoteur de la Success Academy, un programme d’immersion destiné aux adolescents de 7 à 16 ans qui vient de s’achever à Bamako.
« Nous voulions marquer la fin de cette première édition par un moment fort », explique le fondateur. Plus qu’un simple centre de loisirs estival, l’initiative a été pensée comme un incubateur précoce. L’ambition est d’établir une passerelle directe entre la nouvelle génération et les acteurs économiques locaux, afin de susciter des vocations dès le plus jeune âge.
Valoriser les métiers de la terre
Parmi les temps forts de cette session, les académiciens ont pu échanger avec Adama Coulibaly, agro-entrepreneur et fondateur de la structure « I Ka Nakô ». Loin des grands discours théoriques, ce dernier a partagé son parcours de terrain, insistant sur le potentiel de modernisation du secteur agricole malien.
Pour le jeune chef d’entreprise, l’accompagnement des parents reste un levier central : « Il faut donner aux enfants les outils nécessaires pour qu’ils tracent leur propre voie, sans figer leur avenir. » La pédagogie du programme repose d’ailleurs sur l’acquisition de compétences transversales, ou soft skills, telles que la prise de parole en public et la gestion de problèmes en équipe.
Transition numérique et ambitions industrielles
Le volet technologique a également été abordé lors d’une masterclass organisée dans les locaux de l’Institut Sacré-Cœur, dans le quartier de Baco-Djicoroni. Invité à s’exprimer devant les jeunes, Samba Gassama, directeur de la société Neutron Mali, a retracé son parcours, marqué par les défis du démarrage industriel en Afrique de l’Ouest.
Le chef d’entreprise a exhorté son auditoire à s’approprier les outils numériques de manière productive plutôt que passive. Selon lui, le développement industriel et la souveraineté technologique du pays dépendront de la capacité de la jeunesse à s’orienter vers l’innovation et les filières techniques.
Des stages d’immersion dès les prochaines vacances
Après ce premier essai, la Success Academy prépare déjà la suite de son calendrier. Joseph Roland Traoré souhaite désormais inscrire le programme dans la durée en passant de la théorie à la pratique.
Les organisateurs annoncent que des sessions d’immersion en entreprise seront proposées aux élèves dès les prochains congés scolaires de Noël et de Pâques. Les enfants intégreront temporairement les équipes de Neutron Mali pour découvrir les coulisses d’une unité de production.
Aissetou Cissé
