Programme de mini-réseaux en Afrique : Vers la transformation durable du secteur énergétique au Mali
L’Agence Nationale des Énergies Renouvelables et de Bioénergies (ANERB) a servi de cadre jeudi 16 Avril 2026, à la première session du comité de pilotage du Programme de mini-réseaux en Afrique (AMP). L’ouverture des travaux était présidée par le ministre de l’énergie et de l’eau, Pr Tiémoko TRAORÉ, en présence du Directeur général de l’ANERB, M. Adama Yoro SIDIBÉ,du représentant du Programme des Nations unies pour le Développement(PNUD), et ainsi que les membres dudit comité.
Dans son mot de bienvenue, le Directeur général de l’ANERB ad’abord rappelé que ce Projet s’inscrit parfaitement dans la vision nationale en matière de politique énergétique nationale et de stratégies de développement des énergies renouvelables et de développement de l’électrification rurale. Il a cité les principaux objectifs qui sont entre autres : Accroître la viabilité financière des solutions d’énergie propre en milieu rural; attirer des investissements privés significatifs dans le marché des mini-réseaux solaires; créer un environnement réglementaire et politique favorable à un déploiement massif et à grande échelle de mini-réseaux verts. Ajoutant que le projet est structuré entre 5 composantes telles que : i) Politique et réglementations ; ii) Innovation du modèle d’entreprise avec le secteur privé ; iii) Financement à grande échelle ; iv) gestion de la digitalisation et de la connaissance ; v) Suivi et évaluation.
En d’autres termes, le directeur général a expliqué qu’il s’agit de changer d’approche en construisant une véritable dynamique de marché de mini-réseaux au bénéfice direct de nos populations, en particulier celles les plus isolées.
《Il servira de tremplin pour le passage à l’échelle dans le déploiement des mini-réseaux au Mali. Il est mis œuvre dans le cadre d’un programme régional regroupant 21 pays, grâce à un financement multipartenaire, avec une coordination globale régionale permettant des échanges d’expériences et de bonnes pratiques》, a-t-il déclaré. Précisant que pour le Mali, le coût du projet est évalué à 1,25 milliards de FCFA, financé par le Fonds pour l’environnement mondial et le PNUD.
De son côté, le représentant du PNUD a félicité cette initiative qui consiste à jouer un rôle structurant dans la transformation durable du secteur énergétique national.
Il a souligné que le leadership du Gouvernement du Mali, à travers la mise en place de ce Comité de pilotage, témoigne d’une volonté claire à savoir : piloter l’innovation avec rigueur, transformer les projets pilotes en réformes durables et faire de l’énergie un levier central de souveraineté, de résilience et de croissance inclusive.
《Le Mali fait aujourd’hui face à une équation énergétique complexe: une demande d’électricité en croissance rapide de l’ordre de 10% par an, un mix énergétique encore fortement dépendant des sources thermiques et un taux d’accès national à l’électricité estimé à 43,6 %, avec de fortes disparités territoriales.. 》, a-t-il laissé entendre. Ajoutant que ces défis sont exacerbés par la volatilité des marchés énergétiques mondiaux et les effets des changements climatiques sur les ressources hydriques. Dans ce contexte, la transition vers des solutions énergétiques décentralisées, propres et résilientes constitue une condition nécessaire à la transformation économique, à la cohésion territoriale et à la stabilité sociale, en parfaite cohérence avec la Vision Mali 2063 et la Stratégie Nationale pour l’Emergence et le Développement Durable.
《En tant que partenaire stratégique et entité de supervision, le PNUD joue un rôle de garant de la qualité, de la conformité aux normes environnementales, sociales et de genre, et de facilitateur de partenariats et de capitalisation des connaissances》a-t-il soutenu. Avant de conclure que ce comité de pilotage constitue une instance clé pour garantir l’alignement du projet avec les politiques nationales, renforcer la coordination sectorielle et orienter résolument l’action vers des résultats durables et transformateurs.
Prenant la parole pour l’ouverture des travaux, le ministre de l’énergie et de l’eau a rappelé que le Mali dispose d’un potentiel immense en solaire, hydroélectricité, éolien et biomasse. Mais ce potentiel ne prendra tout son sens que si nous parvenons à le mettre au service de tous, en particulier des populations rurales et isolées. C’est précisément l’ambition de ce projet: transformer l’inégalité énergétique en équité énergétique. Il a cité les résultats attendus sont concrets et porteurs d’avenir à savoir : Deux mini-réseaux solaires pilotes d’une capacité totale de 309 kilowatts-crête, avec stockage de 754 kilowattheures ; 1752 nouveaux raccordements, bénéficiant directement à 8 665 personnes, dont la moitié de femmes ; une réduction de 17 000 tonnes de CO, direct et plus de 631 000 tonnes indirect sur la durée du projet ; un budget de 2,08 millions USD, soit 1,25 milliard FCFA, mobilisé pour quatre années d’action.
《Ces chiffres ne sont pas seulement des indicateurs techniques. Ils sont le reflet d’une transformation sociale et économique qui s’annonce》, s’est-il réjoui. Rappelant que cette première session du Comité de pilotage est un moment décisif. 《Elle doit tracer la voie, donner les orientations stratégiques et garantir une mise en œuvre efficace》, a-t-il conclu tout en remerciant invitant les membres du comité à un examen rigoureux et formuler des recommandations pertinentes et en remerciant les partenaires du projet.
Alassane Cissé
