Gestion des ressources naturelles : les Eaux et Forêts dressent le bilan 2025 et fixent les priorités pour 2026
La Direction générale des Eaux et Forêts tient, du 10 au 12 mars 2026, sa réunion annuelle consacrée au bilan des activités de l’année 2025 et à la programmation pour 2026. Les travaux se déroulent au Centre de formation pratique forestier Colonel Jean Djigui Keïta de Tabacoro, en présence des représentants des Forces de défense et de sécurité, des partenaires techniques et financiers, de la société civile ainsi que du secteur privé. La cérémonie d’ouverture était présidée par le secrétaire général du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Moussa Diarra.
En souhaitant la bienvenue aux participants, la directrice du Centre de formation pratique forestier de Tabacoro, le colonel Djènèba Guindo, a souligné l’importance de cette rencontre pour l’administration forestière. Selon elle, cette réunion constitue un cadre privilégié pour faire le point des activités réalisées au cours de l’année écoulée, analyser les difficultés rencontrées et définir les priorités pour l’année à venir.
Dans son discours d’ouverture, prononcé au nom de la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, le secrétaire général Moussa Diarra a rappelé l’importance stratégique de la forêt pour le Mali. Il a indiqué que les ressources forestières contribuent non seulement à la sécurité alimentaire et à la protection des sols et des ressources en eau, mais aussi à la régulation du climat et à l’amélioration des conditions de vie des populations rurales.
« La forêt offre une diversité de biens et de services indispensables, notamment le bois, les fruits, les fibres, les résines, la gomme et de nombreux produits forestiers non ligneux qui participent aux moyens de subsistance des communautés », a-t-il souligné.
Cependant, le responsable du département a rappelé que le patrimoine forestier national fait face à de nombreuses pressions. Les effets du changement climatique, la croissance démographique, l’extension des activités agricoles et les feux de brousse constituent autant de facteurs qui fragilisent les écosystèmes forestiers. Dans ce contexte, la préservation et la gestion durable des forêts apparaissent comme une priorité nationale.
Selon lui, la rencontre de Tabacoro représente un moment essentiel de redevabilité, d’analyse et de planification pour les acteurs du secteur. Durant trois jours, les participants examineront les résultats obtenus en 2025, identifieront les contraintes rencontrées et définiront les axes d’intervention pour 2026.
Le secrétaire général a également salué les efforts accomplis par la Direction générale des Eaux et Forêts, notamment dans la poursuite des réformes législatives et réglementaires relatives à la gestion des ressources forestières et fauniques, la mise en œuvre des plans d’aménagement forestier, les campagnes de restauration de la couverture végétale et le renforcement des capacités des agents.
Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de faire de la forêt un véritable levier de développement économique durable. Cela passe notamment par la valorisation des produits forestiers non ligneux, la promotion de l’écotourisme, le développement de partenariats public-privé et la redynamisation des mécanismes d’amodiation et de concession.
Face à la recrudescence des pratiques illicites portant atteinte aux ressources naturelles exploitation forestière clandestine, trafic d’espèces protégées, dégradation des aires protégées ou encore pollution des cours d’eau — le ministère a engagé l’élaboration d’un Plan d’action national de lutte contre les criminalités environnementales.
Intervenant à son tour, le directeur général des Eaux et Forêts, l’inspecteur général Amadou Diallo, est revenu sur les résultats enregistrés en 2025. Il a évoqué la poursuite des réformes institutionnelles et l’adoption de plusieurs textes visant à renforcer le cadre réglementaire du secteur.
Il a également annoncé que le Mali a été élu président de la commission Afrique de l’Ouest de la Coalition des éléphants d’Afrique, une distinction qui témoigne de l’engagement du pays dans la protection de la faune.
S’agissant des difficultés, Amadou Diallo a notamment évoqué l’insuffisance du personnel, malgré les efforts consentis par l’État pour renforcer les effectifs. Environ 230 nouveaux agents forestiers ont été mis à la disposition du service, portant l’effectif global à près de 1 200 agents.
Pour 2026, la Direction générale des Eaux et Forêts affiche des ambitions importantes. Parmi les principales perspectives figurent le reboisement de plus de 36 000 hectares, la production de plus de 22 millions de plants toutes espèces confondues et la restauration de plus de 40 000 hectares de terres dégradées, ainsi que la poursuite de la réforme des textes régissant le secteur.
Moussa Ibrahim
