Les violences basées sur le genre (VBG) sont un problème majeur au Mali et à travers le monde, où les femmes et les filles sont souvent victimes de violences physiques, sexuelles et psychologiques.
Selon les experts en la matière, la Violence basée sur le genre se définit, par tout acte nuisible commis contre la volonté d’une personne et qui s’appuie sur les différences attribuées par la société entre les hommes et les femmes. Selon les données de l’ONU Femmes, environ 1 femme sur 3 au Mali a subi des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. Selon les tendances 2024 des VBG, le viol occupe 30%, le déni de ressources 18%, violences physiques 17%, violences physiologiques 14%, violences sexuelles 12%, mariage forcés 9%. Selon les cas enregistrés en 2024 par le One Stop Center de la commune V, sur 486 cas de VBG, dont (125) cas de viol, Agressions sexuelles (49), Agressions physiques (136), mariage forcé (2), Déni de ressources (38), violences physiologiques (61) ont été prise en charge (médicale, juridique, réinsertion socioéconomique et psychosociale) au niveau des One Stop Center mis en place dans les structures sanitaires. Plus les témoignages sous le couvert de l’anonymat de certaines victimes, Cela illustre à suffisance les cas de violences basées sur le genre enregistré par les structures de prise en charge, « le One Stop Center » de la commune V, installé en 2017 est le premier centre parmi les dix-sept One Stop Center que compte actuellement le Mali et en commune I, II, et V du district de Bamako.
Selon Dr Anaye Sagara du programme National de lutte contre les violences basées sur le genre, l’ampleur des VBG au Mali, selon les données EDSM VI par cas sont : 45% des Femmes de 15-49 ans ayant subi une violence physique ou sexuelle contre 18% des Filles mariées à moins de 15 ans, 49% des Femmes de 15-49 ans ayant subi une violence physique, sexuelle et émotionnelle contre 53% des Filles mariées à moins de 18 ans, 68% la Proportion de femmes victimes de VBG n’ayant jamais cherché d’aides, 76% des Filles excisées avant 5 ans contre 73% des Filles excisées entre 0-14 ans.
Au Mali, les violences basées sur le genre (VBG) sont classées en six (6) types selon leur ampleur, entres autres, le Viol, l’Agression sexuelle, l’Agression physique, le Déni de ressources, d’opportunités ou de services, le Mariage forcé et la Violence émotionnelle.
Les causes des VBG au Mali
Les VBG au Mali sont souvent liées à des facteurs culturels, sociaux et économiques. Les traditions et les coutumes patriarcales contribuent à la domination des hommes sur les femmes et les filles, ce qui peut entraîner des violences. Le déséquilibre de pouvoirs politiques ou abus de pouvoirs et le non-respect des Droits Humains, la pauvreté, l’analphabétisme et le manque d’accès à l’éducation et à l’emploi peuvent également aggraver la situation.
Les conséquences des VBG
Les VBG ont des conséquences graves sur la santé physique et mentale des victimes, ainsi que sur leur bien-être économique et social. Les femmes et les filles qui subissent des violences sont plus susceptibles de souffrir de problèmes de santé, notamment, les blessures, fractures, lésions, troubles gynécologiques, infections et maladies sexuellement transmissibles, problèmes obstétriques, grossesses non désirées, fausses couches, avortements non sécurisés. les Conséquences économiques : Coût élevé de la prise en charge (centres d’hébergement et services sociaux, baisse de la productivité, perte d’emplois, les Conséquences sociales et psychologiques sont entre autres, la Stigmatisation, rejet par la société, anxiété, peur, tristesse, isolement, honte, haine de soi, culpabilité, pensées et comportements suicidaires, perte d’intérêt pour le sexe, etc.
Les stratégies pour lutter contre les VBG au Mali
La Sensibilisation et éducation, Il est essentiel de sensibiliser la population malienne aux dangers des VBG et de promouvoir l’égalité des sexes. Les campagnes de sensibilisation et les programmes d’éducation peuvent aider à changer les mentalités et à promouvoir des comportements respectueux envers les femmes et les filles.
Renforcement des lois et des politiques : le gouvernement malien doit renforcer les lois, instruments juridiques et les politiques en la matière, notamment la déclaration universelle des droits de l’homme en ces articles : 1, 3, 4, et 5 protègent les femmes et les filles contre les VBG. Les lois doivent être appliquées de manière efficace et les auteurs de violences doivent être punis.
Soutien aux victimes : Les victimes de VBG ont besoin de soutien et de protection. Les dix-sept centres de soutien (One Stop Center) et les services de conseil peuvent aider les victimes à se rétablir et à reconstruire leur vie. Beaucoup des cas de VBG sont référés afin d’être prises en charge psychologiquement et économiquement par les One Stop Center équipés par les partenaires et organisations non gouvernemental.
Implication des hommes et des garçons : Les hommes et les garçons doivent être impliqués dans la lutte contre les VBG. Ils peuvent jouer un rôle important en promouvant l’égalité des sexes et en condamnant les violences.
Renforcement des capacités des organisations : Les organisations qui travaillent sur les VBG au Mali, notamment le groupe Pivot Santé Population- Wildaf, Ripod à travers le projet Horizon Espoir ont besoin de renforcement de capacités et des financements des partenaires pour être plus efficaces dans leur travail.
Les défis
La lutte contre les VBG au Mali est un défi complexe qui nécessite une approche globale et coordonnée de la part de l’Etat et des organisations non gouvernementales qui travaillent dans le domaine, notamment le Projet Horizon d’Espoir à travers le groupe Pivot Santé Population, Wildaf-Ripod et leurs partenaires. Les défis incluent :
– La résistance aux changements culturels et sociaux
– Le manque de ressources et de financement
– La faiblesse des institutions et des systèmes de justice
– La difficulté d’accès aux zones rurales et aux communautés marginalisées
Recommandations
1. Le gouvernement malien doit renforcer les lois et les politiques pour protéger les femmes et les filles contre les VBG.
2. Les organisations qui travaillent sur les VBG au Mali doivent renforcer leurs capacités pour être plus efficaces dans leur travail.
3. Les campagnes de sensibilisation et les programmes d’éducation doivent être intensifiés pour promouvoir l’égalité des sexes et condamner les violences.
4. Les hommes et les garçons doivent être impliqués dans la lutte contre les VBG.
5. Les victimes de VBG doivent avoir accès à des services de soutien et de protection (One Stop Center) bien équipé. En Conclusion générale, la lutte contre les violences basées sur le genre au Mali est un défi qui nécessite une mobilisation collective et une approche globale. Les stratégies pour lutter contre les VBG doivent être adaptées au contexte malien et prendre en compte les facteurs culturels, sociaux et économiques qui contribuent à ces violences. Avec une volonté politique forte et un engagement collectif, il est possible de réduire les VBG au Mali et de promouvoir l’égalité des sexes.
Alassane S Cissé
