Le Mali a lancé, sous la présidence du Ministre de l’Élevage et de la Pêche, M. Youba BA, la campagne spéciale de vaccination et de marquage des petits ruminants contre la Peste des Petits Ruminants (PPR). Cet événement d’envergure nationale, appuyé par le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel – Phase 2 (PRAPS-2 Mali), s’inscrit dans le cadre de la stratégie mondiale d’éradication de cette maladie d’ici à 2030.
Cette campagne, à la fois sanitaire, économique et patriotique, mobilise l’ensemble des acteurs du monde rural autour d’un objectif commun à savoir protéger le cheptel national et assurer la sécurité alimentaire du pays.
La PPR reste l’une des principales menaces sanitaires pour les ovins et caprins au Mali. Hautement contagieuse, cette maladie virale provoque chaque année des pertes économiques évaluées à plus de 7,56 milliards de FCFA, fragilisant les moyens de subsistance de millions d’éleveurs.
Face à ce fléau, le Gouvernement du Mali, sous la haute autorité de Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État, et avec le soutien du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye MAÏGA, a décidé d’agir avec fermeté et méthode.
La campagne nationale 2025-2026 vise à vacciner et marquer 15 millions de petits ruminants sur l’ensemble du territoire. Elle s’étend sur trois mois et se déroule dans toutes les régions, en mobilisant les services vétérinaires publics et privés, les collectivités, ainsi que les organisations professionnelles des éleveurs.
Le budget total du programme national de lutte contre la PPR est estimé à 16,76 milliards FCFA, dont 5,27 milliards FCFA sont déjà mobilisés par le PRAPS-2 Mali, 3,03 milliards FCFA par l’État malien et 16 millions FCFA par le PDDEPS. Il reste à mobiliser 8,43 milliards FCFA pour compléter le financement jusqu’en 2028.
Selon la Direction Nationale des Productions et des Industries Animales (DNPIA), le Mali compte aujourd’hui plus de 55,5 millions de têtes de petits ruminants, représentant 13,6 % du PIB national et 24 % de la production du secteur rural (INSAT 2017).
Un acte patriotique et stratégique
Dans son allocution, le Ministre Youba BA a rappelé avec force le rôle central de l’élevage dans la stabilité économique et sociale du pays :« L’élevage occupe une place centrale dans notre économie et dans la vie de millions de nos concitoyens. Il constitue un pilier essentiel de la résilience des ménages ruraux, un vecteur de stabilité sociale et un levier stratégique pour le développement durable. »
Le Ministre a insisté sur l’importance de l’engagement collectif pour éradiquer la PPR d’ici 2030 : « Accueillez favorablement les équipes de vaccination ! Faites vacciner et marquer vos animaux ! Cette démarche n’est pas seulement un acte sanitaire, elle représente aussi et surtout un investissement collectif pour la santé de notre cheptel et la prospérité de notre pays. »
L’acte symbolique fort de la cérémonie fut l’inoculation de la première dose de vaccin et le marquage à l’oreille gauche du premier animal par le Ministre Youba BA, marquant le démarrage officiel de la campagne.
Le Ministre a également remis un lot important de matériel de vaccination au Directeur national de l’Élevage, traduisant la volonté du gouvernement de doter les équipes vétérinaires des moyens nécessaires pour réussir cette opération d’envergure.
La logique du marquage : traçabilité et gestion rationnelle
Le Coordinateur national du PRAPS-2 Mali, M. Moussa Coulibaly, a expliqué la pertinence du marquage des animaux, qui se fait une seule fois dans la vie de l’animal :« Le marquage permet de différencier les animaux à la prochaine campagne de vaccination. Ceux déjà vaccinés et marqués seront facilement identifiés et exclus. Cela permet d’économiser en ressources financières et d’assurer un meilleur suivi. »
Cette approche contribue à une traçabilité efficace et une gestion rationnelle des fonds, grâce à l’utilisation du système numérique Kobotoolbox, adopté par le PRAPS-2 Mali. Ce dispositif permet de suivre en temps réel la progression des campagnes, la couverture vaccinale et la performance des équipes de terrain.
Un engagement collectif et inclusif
La réussite de cette campagne repose sur la mobilisation de plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment :
le CILSS, l’UEMOA, la Banque mondiale, la FAO, l’OMSA, le CICR, l’APCAM, l’OVM, le CNASA, le Laboratoire Central Vétérinaire, ainsi que les interprofessions du lait et du bétail-viande.
Moussa Coulibaly a tenu à saluer la coordination exemplaire entre ces acteurs : « Cette campagne est une réponse nationale et collective. Nous voulons atteindre la cible de 15 millions de petits ruminants vaccinés et marqués cette année. Les vaccins sont fournis gratuitement par le PRAPS-2 Mali et les agents de vaccination sont pris en charge pour assurer un travail rigoureux sur le terrain. »
Il a également lancé un appel fort aux éleveurs : « Ce que nous demandons aux éleveurs, c’est d’accepter de faire vacciner et marquer leurs animaux. Si nous n’éradiquons pas la Peste des Petits Ruminants d’ici 2030, le Mali restera en arrière pendant que les autres pays avanceront. »
Un devoir national de santé animale
La campagne spéciale de vaccination et de marquage des petits ruminants contre la PPR traduit la volonté politique claire du Gouvernement du Mali d’assurer la santé du cheptel, la stabilité des revenus ruraux et la souveraineté alimentaire du pays.
Au-delà d’un simple geste sanitaire, la vaccination et le marquage représentent un acte patriotique, un gage de responsabilité et un investissement pour l’avenir.
L’éleveur malien, en acceptant de faire vacciner et marquer ses animaux, contribue non seulement à protéger son patrimoine mais aussi à bâtir un Mali plus résilient, plus prospère et plus solidaire.
Maman CAMARA Info360.info
