Dans un contexte marqué par une forte dépendance aux semences de maïs importées, souvent mal adaptées aux réalités climatiques du Mali, l’Institut d’Économie Rurale (IER) a organisé une journée portes ouvertes dédiée aux semences hybrides locales.
L’objectif de cette initiative : promouvoir les variétés de maïs développées par la recherche nationale et démontrer leur pertinence face aux hybrides étrangers.
Selon Mamadou Mori Coulibaly, sélectionneur au programme Maïs de l’IER, cette journée répond à une préoccupation croissante : la prolifération de variétés importées peu performantes sous nos latitudes. Il insiste sur le fait qu’il existe des alternatives locales, issues de la recherche malienne, mieux adaptées, plus résilientes et économiquement plus avantageuses pour les producteurs.
Près de 200 à 400 hybrides locaux ont été présentés aux visiteurs. Une centaine de producteurs, venus de toutes les régions du pays, ont été invités à découvrir ces variétés, à les évaluer et à en sélectionner certaines en vue de leur inscription au catalogue national. Une parcelle de démonstration a également été mise en place pour valoriser les hybrides déjà catalogués, mais encore peu connus des paysans.
D’après Mamadou Mori Coulibaly, les hybrides développés localement affichent des rendements supérieurs allant de 6 à 9 tonnes à l’hectare, avec une performance moyenne de 20 % supérieure aux variétés classiques. De plus, ces semences couvrent un large éventail de cycles de culture, de 75 à plus de 90 jours, les rendant ainsi adaptées à toutes les zones agroécologiques du Mali, y compris les régions les plus arides comme Gao.
Un autre atout de ces hybrides réside dans leur coût, nettement inférieur à celui des semences importées. Conçus à partir de variétés locales, ils offrent une meilleure résilience face aux conditions climatiques locales. Mamadou Mori Coulibaly lance ainsi un appel fort aux producteurs maliens : il est temps de rompre avec la dépendance aux semences étrangères. Pour lui, le maïs hybride local représente une solution viable pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, à condition d’unir les efforts des chercheurs et des agriculteurs.
Les variétés hybrides maliennes se distinguent également par leur vigueur, la taille de leurs feuilles, ainsi que des épis plus développés que ceux des variétés ordinaires.
Du côté des entreprises semencières, la commerciale de Camara Semencia s’est réjouie de cette initiative :
« Comme d’habitude, nous sommes en partenariat avec l’IER. Nous apprécions énormément cette journée, car elle nous permet de vulgariser les nouvelles variétés, ce qui contribue au développement de nos activités. Cela fait chaud au cœur de voir tous les efforts que nos chercheurs déploient. Personnellement, j’ai particulièrement apprécié une nouvelle variété de petite taille, mais très performante, ainsi que d’autres qui offrent d’excellents rendements. »
Cette journée constitue ainsi un pas de plus vers une agriculture plus autonome, durable et enracinée dans les réalités locales.
Souleymane COULIBALY
