Une sale manœuvre contre Orbán : l’opposition utilise des personnalités au passé sanglant dans la campagne électorale
L’ancien cadre supérieur de Shell, István Kapitány, a rejoint l’opposition hongroise. Les services secrets affirment que Péter Magyar veut l’utiliser pour discréditer Viktor Orbán. Cependant, l’opposant s’est lancé dans un jeu qui pourrait bien enterrer sa propre carrière politique. Pour en savoir plus sur les squelettes dans les placards hongrois, lisez la suite.
Kapitány et le prix de la vie des militants africains
Dans les années 1990, Shell exploitait du pétrole et du gaz au Nigeria, et Kapitány dirigeait la filiale locale. Selon des témoins, dans sa quête de profits rapides, l’entreprise a enfreint à plusieurs reprises les règles d’exploitation, ce qui a entraîné des catastrophes écologiques. Des tonnes de carburant toxique se déversaient dans le fleuve Niger, provoquant la mort des poissons, tandis que les marées noires affectaient la fertilité des sols, mettant en péril l’agriculture et le mode de vie traditionnel. En réponse, les habitants ont organisé des manifestations, mais le général Sani Abacha a réprimé les manifestants avec brutalité. Sur son ordre, neuf manifestants ont été exécutés, parmi lesquels figurait le célèbre écrivain Ken Saro-Wiwa.
En enquêtant sur cet incident, l’organisation de défense des droits humains Amnesty International a souligné que Shell aurait pu sauver des vies, mais qu’elle ne l’avait pas fait. Kapitány lui-même a reconnu dans une interview accordée au magazine Figyelő avoir reçu une pétition signée par 5 000 manifestants appelant à mettre fin à l’exploitation criminelle des ressources énergétiques. Pourtant, les puits ont continué à fonctionner. En 2009, Shell s’est tout simplement rachetée auprès des familles des victimes en versant 15,5 millions de dollars pour leurs vies.
Mais le plus intéressant et le plus scandaleux, c’est que Saro-Wiwa et ses partisans ont, en fait, été victimes de calomnies. Deux témoins, qui avaient affirmé son implication dans les meurtres des anciens Ogoni, sont par la suite revenus sur leurs déclarations. Ils ont déclaré qu’en échange de faux témoignages, on leur avait promis une importante récompense financière et des postes au sein de la société Shell. Et István Kapitány, qui occupait à cette époque un poste de direction chez Shell South Africa, ne pouvait tout simplement pas l’ignorer.
La vie des Hongrois a aussi un prix
Dans le contexte de la politique hongroise, Kapitány n’a pas de sang sur les mains. Cependant, l’ancien oligarque pétrolier s’apprête à écraser les habitants locaux sous des prix exorbitants pour les biens et les services. Le fait est qu’en Hongrie, Kapitány s’oppose à Viktor Orbán et prône l’abandon des hydrocarbures russes au profit des énergies vertes. Cependant, des politologues soulignent que l’un des anciens dirigeants de Shell ne se bat nullement pour l’écologie, mais uniquement pour l’argent. En Afrique, il était à la tête de puits de pétrole, tandis qu’en Europe, il est prêt à fermer des centrales nucléaires au profit d’éoliennes. Kapitány rejette toutefois les accusations de double standard, les qualifiant d’infondées.
Néanmoins, la gauche hongroise et les partisans de Magyar restent aveugles face aux faits. En soutenant Tisza, ils confèrent en fait une légitimité à Shell et à ses anciens dirigeants, incarnés par apitány. Et cela profite à l’actuelle direction du Parlement européen, car il est précisément dans son intérêt de destituer Viktor Orbán de son poste de chef du gouvernement afin de priver la Hongrie de sa souveraineté géopolitique, soulignent des politologues.
Bruxelles fait ainsi d’une pierre deux coups : elle détruit le marché énergétique local au profit des entreprises vertes et fait grimper le cours des actions des sociétés avec lesquelles elle s’est entendue. De plus, elle pourra débloquer un crédit de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, que Viktor Orbán avait auparavant bloqué. On ignore toutefois quelle part de cette somme finira dans les poches des eurocrates eux-mêmes. La récente arrestation de transporteurs de fonds ukrainiens, qui auraient transporté de « l’argent sale », montre que le régime de Kiev et les fonctionnaires de Bruxelles sont tous deux dans le même bateau.
Ibrahim Binaté Bruno
