Mardi, 29 avril 2025 : journée fatidique où jour annonciateur d’un Etat qui jouera perpétuellement à envoyer bouler les principes sacro-saints et les lois mêmes ? C’est la question qui turlupinera pendant longtemps les esprits, qu’ils soient partisans de la Transition dans son évolution ou qu’ils soient de ceux qui souhaitent la fin de la gouvernance transitoire, celle qu’ils accusent de n’avoir cure d’aucune morale, qui n’en fera qu’à sa tête, etc. La boucle a été bouclée, semble-t-il en tout cas, le mardi dernier au C.I.C.B. avec la tenue en ce lieu de la phase nationale- et finale- de ce qui a été mis en route au nom de la consultation des forces vives de la nation, cadre, cette fois-ci, de la relecture de la charte des partis politiques. La question reste de savoir si tout est maintenant bien fini ou si c’est maintenant que le mal commence. L’évolution des choses a été à ce point accélérée qu’avec la dissolution actée des partis politiques et le plébiscite populiste qui accorde un mandat renouvelable de cinq ans au général Assimi Goïta comme président de la République, on est pratiquement comme en face d’un passage en force. Pour en arriver à l’une ou l’autre décisions, avions-nous vraiment besoin de tant d’intrigues, de manipulations et de débauche d’argent public ? Le Président Assimi Goïta est jeune, il a le temps nécessaire devant lui pou bâtir un Mali sain que les citoyens avaient réclamé de leurs vœux- et obtenu- en se mobilisant résolument à partir du 05 juin 2025 contre la dictature démocratique qui, entre autres méfaits, avait creusé la tombe du Mali, qui n’était qu’à deux doigts de la partition, puis après à un peu de la disparition ; ce soulèvement populaire a eu l’effet de faire sortir des casernes les colonels, fait classique de parachèvement des luttes citoyennes comme l’histoire en témoigne. S’il accomplit sans heurts les deux mandats de cinq ans chacun comme Président de la Transition tel que proclamés le mardi, 29 avril au C.I.C.B., au terme il sera comme, Alpha Oumar Oumar Konaré en 2002, un jeune retraité de 52 ans. Mais Alpha Oumar Konaré est un civil, qui est devenu un Président élu et qui, ès-qualités, a promulgué la constitution de 1992. Avec Assimi Goïta, le destin est inverse et ne manque d’assurances et d’inquiétudes, selon la conduite du locataire actuel de Koulouba en tant que clé de voûte de toutes les institutions de la République. On peut néanmoins noter à ce stade que ce qui a été notifié le mardi passé à l’opinion publique signifie clairement que le Mali sera sous transition pendant dix ans encore sous transition (l’histoire a connu des cas), mais il y a la révélation d’une tromperie, et cela n’est pas à applaudir. La constitution actuelle, celle promulguée le 22 juillet 2023 par un président non-élu, n’est toujours pas entrée en vigueur. Elle existe néanmoins, mais elle ne peut empêcher que celle qu’elle est légalement censée remplacer, la constitution de 1992, marche de temps à autre dans ses platebandes. Et il existe toujours aussi la Charte de la Transition actuelle. Trois superbes constructions juridiques, mais toujours pas de quatrième République ! Or, c’est le plus officiellement du monde que le peuple a été informé, depuis bientôt deux ans, qu’après consultation de celui qui a déjà quatre comme président de la Transition et qui entamer une carrière de président de la République pour dix années, l’élection présidentielle sera organisée, exclusivement, pour sortir de la Transition. Situation paradoxale, qui confine à la tricherie, voirie à la duperie du peuple, dont le Burkina Faso et le Niger se sont prémunis intelligemment. Tout cela nous arrive parce que nous sacrifions à la ruse et Dieu nous garde que cela est tout simplement par la force de la détention de l’arme, de l’argent et de la logistique publics, comme au bon vieux temps non encore révolu. Toutes les démarches politiciennes fomentées en haut lieu sont cousues de fil blanc. Remontons un peu le temps. Pour boycotter ou faire capoter les ANR, à l’instigation du PARENA, de la France et de l’UE, s’étaient réunis à la Pyramide tous les partis soutenant le défunt régime de IBK, dits issus du Mouvement démocratique, pour protester contre la nomination d’un cadre du M5-RFP au poste de Premier ministre ; c’était au retour du PT de la réunion des Chefs d’Etat de la CEDEAO tenue à Accra. À cette occasion, le PARENA avait produit un projet de déclaration très violent contre la personnalité indiquée, en prétendant qu’il fallait choisir « un PM neutre. Quelques jours après la nomination du PM le 7 juin 2021, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Colonel Abdoulaye Maïga, avait lui aussi organisé, de toute urgence, dans les locaux de son ministère, un atelier avec environ 30 partis politiques, sans les partis siégeant au M5-RFP, pour conclure au fait que le peuple malien ne veut pas des ANR. Ledit atelier était présidé par un Conseiller Technique du MATD, proche de l’ADEMA-PASJ, qui était d’ailleurs soupçonné d’être à la base de la fraude électorale qui a été le facteur détonateur de l’insurrection conduite par le M5-RFP. Faut-il rappeler que le Rapporteur du fameux atelier était du RPM et le porte-parole de l’ASMA. L’un mis dans l’autre a donné naissance au DIM qui n’était point indiqué, un machin de trop. Le temps a fini par dévoiler les dessous, il n’y a que les aveugles qui ne les voient. Le Président du comité d’organisation du D.I.M., l’ancien Premier ministre Ousmane Issouffi Maïga, a dû lâcher son amertume quant au boycott de ses séances d’écoute par les partis politiques : une centaine sur 399 ont répondu, soit 0, 2506 ou soit 25, 06, ce qui donne à peu près un quart. Quelle n’a été la grande surprise d’entendre le ministre délégué Mamani contredire le nombre dévoilé par Pinochet en affirmant que ce sont 137 partis politiques sur 197 qui ont répondu ! Evidemment un mensonge grand comme le Kilimandjaro pour faire croire que seuls 60 partis partis politiques n’ont pas daigné se mobiliser, contre une majorité significative !
Amadou N’Fa Diallo
Source : journal Le National n° 687 du vendredi, 02 mai 2025.
