Depuis plusieurs jours, les déclarations les plus contradictoires, qui ne peuvent plus relever des rumeurs circulent en affirmant et en infirmant qu’il y a une tentative de coup d’Etat au Mali. En l’absence d’un communiqué officiel sur le sujet, attendu avec fébrilité, l’on reste suspendu aux certitudes et aux négations, en passant par-dessus les dénégations virulentes et les véhémentes attestations. Au regard et en dépit de cet imbroglio, véritable confusion hallucinante, il y a des vérités à exprimer en attendant que le concert des attestateurs et des négateurs finisse. Parmi ces vérités, aucun régime, fût-il un royaume, un empire, une république…, n’accepte un coup d’Etat ; aucun pouvoir non plus, issu d’un pronunciamiento ou d’une élection bâclée, ne tolère non plus un coup d’Etat.
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Il s’y ajoute qu’aucune nation consciente ne souhaite, elle aussi, un coup d’Etat qui crée le plus souvent des moments d’incertitudes, de règlements de compte, voire des situations pires. Or, des tentatives de coup d’Eta et des coups d’Etat, le Mali en connu. La toujours présumée tentative de coup de ce mois d’août pose toujours des interrogations, des questionnements et un suivi qui prend du temps aux citoyens désireux de savoir la vérité. Que n’a-t-on pas vu, lu et entendu sur les réseaux sociaux ? Tout et son contraire y ont pris demeure. Il n’y a qu’aucune quasi-certitude visant trois personnes lancée par un discoureur qui affirma de go ceci : « Nous avons arrêté le général Néma Sagara et le général Abbas Dembélé. Nous les avons ligotés avec des cordes comme celles du n’goni. » Propos pour le moins effroyable, qui affirment un traitement infligé aux officiers en question et à ceux qui seront arrêtés plus tard. Et d’ajouter, avec une mine sévère et triomphante à la fois : « Un des Cinq colonels (historiques) fait partie du complot », puis d’ajouter à l’attention des femmes de militaires : « Si votre sort et qu’il ne revient pas, il est dans nos mains ». Les brouilleurs de vérité sont en action sur toutes les plateformes d’information, au Mali et hors de notre pays. Pendant que l’on parle de plusieurs officiers subalternes et supérieurs de l’armé nationale arrêtés, de 35 à 40, un chroniqueur non malien annonce en boucle que c’est « faux que 55 officiers ont été arrêté », abondant dans le sens des incorrigibles bonimenteurs nationaux qui nient crânement la tentative de coup d’Etat, alors qu’il existe un vrai malaise. L’on cite même de célèbres officiers dans les mailles des filets, en l’occurrence les généraux Didier Dakouo et Elysée Daou, qui sont pourtant des ambassadeurs exerçant loin du pays, en Asie (Chine et Japon). Les généraux Néma Sagara et Abbas Dembélé, sont des icônes, des célébrités de l’armée du Mali pour leurs faits d’armes. Ils bénéficient d’une compassion et d’un soutien dans l’opinion publique. Dans ce genre de situation difficile à gérer, parce que beaucoup estiment que la réalité est que c’est une purge en cours, il importe d’organiser au plus vite un procès public afin que la nation sache la vérité. C’est ce qui a eu lieu au début des années 70, après l’arrestation de la Bande des Trois le 28 février 1978, et le public fut bien édifié.
Amadou N’Fa Diallo
Source : journal Le National du jeudi, 14 août 2025.
