Lutte contre l’esclavage au Mali : l’association Temedt et ses partenaires s’engagent
La Direction Nationale des Droits de l’homme a servi de cadre mardi 28 octobre 2025, à la tenue d’une rencontre organisée par l’association Temedt en partenariat avec l’avocat Sans Frontière sur la nécessité et l’urgence de l’institutionnalisation d’une journée de solidarité aux victimes de l’esclavage et l’adoption de la loi de lutte contre l’esclavage et les pratiques analogues au Mali.
Ladite rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Appui à la justice et à la paix JUPAX ». L’ouverture des travaux était présidée par le Directeur National des Droits de l’homme, M. Abdoul Karim Diarra, en présence du Président de l’Association Temedt, du représentant de l’avocat Sans Frontière et de bien d’autres participants.
L’objectif général consistait à organiser une journée de rencontre avec des décideurs étatiques et non étatiques pour institutionnalisation d’une journée de solidarité aux victimes de l’esclavage et accélérer le processus d’adoption de la loi de lutte contre l’esclavage et les pratiques analogues.
Spécifiquement, il s’agit entre autres : encourager le Gouvernement du Mali a: institutionnaliser une journée nationale de solidarité avec les victimes de l’esclavage au Mali ; accélérer le processus d’adoption de l’avant-projet de loi de lutte contre l’esclavage et les pratiques analogues ; organiser le retour des déplacés victimes d’esclavage dans leurs localités d’origine. favoriser une synergie d’action entre les acteurs et actrices de la société civile pour mener une campagne d’information constante auprès des acteurs étatiques et non étatiques en vue de l’adoption de la loi de lutte contre l’esclavage et les pratiques assimilées au Mali. Force est de reconnaître le Mali, comme d’autres pays du Sahel, porte encore les stigmates de l’esclavage sous ses formes traditionnelles et contemporaines. Bien que ce système ait été officiellement aboli dans notre pays, des pratiques discriminatoires liées à l’ascendance esclavagiste persistent dans plusieurs régions du Mali. Elles se traduisent par la marginalisation sociale, l’exclusion des droits fondamentaux, et parfois même par des victimes graves. C’est dans cette dynamique que cette rencontre est organisée autour de plusieurs thématiques, qui ont trait à l’institutionnalisation d’une journée de solidarité aux victimes de l’esclavage et à l’adoption de la loi contre l’esclavage et les pratiques assimilées au Mali. Dans son discours, le Président de l’association Temedt, Ibrahim Ag Idbaltanat à rappelé que le phénomène de l’esclavage est un mal, une abomination.
Quant à Richard Gorman, Directeur Pays d’Avocat Sans Frontière Canada (ASF-C), plusieurs personnes souffrent au Mali de discrimination parfois de violences uniquement en raison de leur ascendance. Poursuivant que malgré l’abolition de l’esclavage au Mali, certaines pratiques de discrimination liées à l’ascendance continuent d’exister. C’est dans ce contexte, qu’il a plaidé pour l’adoption d’une loi criminalisant l’esclavage par ascendance et des pratiques analogues est nécessaire. « Elle permettra de sanctionner les auteurs et de rappeler à toutes et à tous que la discrimination fondée sur l’ascendance n’a pas sa place dans la société malienne », a-t-il déclaré.
Prenant la parole pour l’ouverture des travaux, le directeur national des Droits de l’Homme, Abdoul Karim Diarra a rappelé l’engagement de l’Etat à lutter contre le phénomène de l’esclavage par ascendance et des pratiques assimilées. « Toutefois, le tout répressif n’est pas forcément la solution », a-t-il temporisé, appelant à l’instauration des journées d’information, de sensibilisation et de communication sur la question de l’esclavage par ascendance et des pratiques assimilées.
Alassane Cissé
