Hier, après une journée très chargée, nous étions huit journalistes venus de différents pays pour aller nous promener et mieux comprendre la ville. Dans la circulation, on constate qu’à chaque moto que l’on croise, le conducteur porte son casque. On les appelle zemidjans, ces deux-roues qui transportent travailleurs, étudiants et marchandises à toute heure. La ville a imposé une politique stricte : port du casque obligatoire, contrôles systématiques et amende de 20 000 francs CFA pour chaque infraction.
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L’ancien journaliste du Prétoire Kevin Kadoasso , de retour sur sa terre natale après des années passées au Mali, m’a écrit sur ma boîte mail :« Bamadio, cher jeune frère,bienvenue sur la Terre de nos Aïeux. Surtout que nous sommes compatriotes, car il y a beaucoup de Togo en pays Dogon». Il m’a accueilli chaleureusement .
Babacar Sène, journaliste venu du Sénégal, raconte : « Quand je suis arrivé à Lomé, j’ai été frappé par la discipline des motocyclistes. Chez nous, on en parle beaucoup, mais ici, ils ont vraiment mis les moyens. Je me souviens d’un panneau géant qui disait : “Un casque sauve une vie.” Et c’est vrai qu’on voit très peu de gens rouler tête nue. C’est impressionnant. »
Pour Kossi Adoko, habitant de Lomé et commerçant au grand marché, cette politique était nécessaire : « Au début, beaucoup de gens râlaient. On disait que c’était une manière de prendre notre argent. Mais quand les premiers accidents ont baissé, on a compris que c’était pour nous protéger. Maintenant, même mes enfants me rappellent de mettre le casque. »
Sur son zemidjan, Togbui Komlan, conducteur depuis dix ans, ajuste la sangle de son casque bleu avant de démarrer. Il se souvient des débuts difficiles : « Avant, je ne mettais jamais de casque. Ça tenait chaud, ça coûtait cher. Quand les policiers ont commencé à nous arrêter, j’ai payé plusieurs fois l’amende. Ça m’a fait réfléchir. Maintenant, je ne monte plus jamais sans casque. C’est devenu une habitude. Et je me sens plus en sécurité. »
Au fil des mois, la pédagogie a laissé place à la fermeté. Les contrôles ne faiblissent pas et les amendes tombent sans complaisance. Beaucoup estiment que c’est le prix de la discipline.
Pour Babacar Sène, Lomé est un exemple : « Ce qui m’impressionne, c’est qu’ils ont compris qu’une politique publique, ce n’est pas seulement des discours. Ici, ils ont prouvé qu’avec un peu de rigueur et beaucoup de communication, on peut changer les mentalités. »
Pour montrer le bon exemple, les policiers qui font régulièrement des rondes dans la circulation portent eux-mêmes le casque.
Les autres pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel devraient s’inspirer de l’exemple de Lomé en matière de sécurité routière et de port du casque.
Depuis Lomé le 05 Juillet 2025
Bamadio Tidiane, journaliste
