Le chef de quartier de Sangarebougou et les responsables de l’association Wassa montent au créneau pour dénoncer ce qu’ils qualifient de non-respect des normes fixées par les autorités dans le cadre des opérations de libération des emprises du marigot. Tout en réaffirmant leur soutien à cette initiative gouvernementale, ils réclament l’application stricte de la règle des dix mètres de part et d’autre du cours d’eau afin de prévenir de nouvelles inondations.
Cette information a été donnée ce samedi 1er août 2026, lors d’un point de presse tenu dans les locaux du chef de quartier de Sangarebougou.
En cette période d’hivernage, où les risques d’inondation sont particulièrement élevés, les habitants de Sangarebougou multiplient les appels pour une libération totale des emprises du marigot qui traverse leur quartier. Au cœur de leurs préoccupations figure le respect de la distance réglementaire de dix mètres de part et d’autre du cours d’eau, telle que définie par les autorités.
Le chef de quartier, Souleymane Sangaré, affirme que la population n’est nullement opposée aux opérations de démolition engagées par les autorités. Bien au contraire, celles-ci sont perçues comme une mesure indispensable pour protéger les riverains.
« Nous soutenons cette opération, car elle contribue à la sécurité des populations, notamment celles qui vivent le long du marigot de Sangarebougou. Les inondations ont déjà causé des pertes en vies humaines dans notre quartier », rappelle-t-il.
Toutefois, le chef de quartier estime que les opérations en cours ne sont pas conduites de manière uniforme. Selon lui, certaines constructions qui devraient être concernées par les démolitions sont restées intactes, en violation des prescriptions établies.
« Notre seule revendication est le respect des normes fixées par les autorités, à savoir dix mètres de chaque côté du marigot. Les maisons épargnées constituent toujours un danger pour les habitants », insiste-t-il.
Souleymane Sangaré indique avoir saisi les services de l’urbanisme afin de signaler les irrégularités constatées, preuves à l’appui. Pour lui, l’objectif est avant tout de prévenir de futurs drames.
Même son de cloche chez Siaka Diarra, secrétaire général de l’association Wassa de Sangarebougou. Il réaffirme le soutien de son organisation aux autorités dans leur politique de libération des emprises des marigots, tout en regrettant que les dispositions annoncées n’aient pas été pleinement appliquées sur le terrain.
Selon lui, les experts avaient clairement matérialisé les limites à respecter, mais les équipes chargées des démolitions ne les auraient pas suivies. « À certains endroits, seulement un mètre cinquante ou deux mètres ont été libérés, laissant plusieurs habitations encore dans le lit du marigot », déplore-t-il.
Le responsable associatif rappelle que plusieurs de ces constructions avaient déjà fait l’objet d’opérations de démolition par le passé, précisément parce qu’elles occupaient le lit naturel du cours d’eau.
« Si, malgré les décisions des plus hautes autorités, certaines maisons continuent d’être épargnées, nous ne pouvons qu’interpeller ces mêmes autorités afin qu’elles veillent à l’application rigoureuse de la loi », soutient-il.
Tout en excluant toute forme de violence, Siaka Diarra assure que les habitants poursuivront leurs démarches auprès des autorités compétentes. Il rappelle que ce combat est mené depuis 2012.
« Nous ne pouvons pas rester les bras croisés pendant que des constructions continuent d’occuper le marigot. À chaque inondation, ce sont les populations les plus modestes qui paient le plus lourd tribut », affirme-t-il.
Pour sa part, Ousmane Mangané, membre de l’association Wassa, estime que le maintien de certaines constructions dans l’emprise du marigot pourrait, à terme, être source de tensions sociales et de conflits fonciers. Il appelle ainsi les autorités à faire appliquer les mêmes règles à tous, sans distinction, afin de garantir l’efficacité de l’opération de libération des emprises et la sécurité des populations.
Moussa I Diallo
