Conformément aux cinq (5) éléments clés des DSSR, droits en santé sexuelle et reproductive énuméré par l’organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’approche « Genre & Santé VBG » (Violences Basées sur le Genre) est une stratégie essentielle pour aborder les inégalités de genre et les violences qui affectent la santé et le bien-être des femmes et des filles. Cette approche reconnaît que les violences basées sur le genre sont une violation des droits humains et un obstacle majeur à la santé et au développement. Dans cet article, nous explorerons les fondements de l’approche « Genre & Santé VBG », les soins liés à cette approche, et les défis et opportunités pour son implémentation efficace.
Fondements de l’approche « Genre & Santé VBG »
L’approche « Genre & Santé VBG » repose sur la compréhension que le genre est un déterminant social de la santé qui influence l’accès aux soins, les résultats de santé et les expériences des patients. Les violences basées sur le genre, y compris les violences physiques, sexuelles, psychologiques et économiques, sont une manifestation extrême des inégalités de genre. Elles ont des impacts dévastateurs sur la santé physique et mentale des femmes et des filles, y compris des taux élevés de morbidité et de mortalité. Selon les données de l’ONU Femmes, environ 2 femme sur 3 au Mali a subi des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. Selon les tendances 2024 du Programme Nationale sur les VBG au Mali, le viol occupe 30%, le déni de ressources 18%, violences physiques 17%, violences physiologiques 14%, violences sexuelles 12%, mariage forcés 9%. Selon le directeur du programme national pour l’abandon des violences basées sur le genre, Youssouf Bagayogo, 38% des femmes sont victimes de violences dans leurs foyers au Mali contre 70% des filles âgées de 0 à 14 ans qui sont mutilées. S’agissant le mariage d’enfants, 49% des femmes ont été mariées avant d’atteindre les 18 ans et également 14%sont mariées avant atteindre les 15 ans. Selon lui, 22777 cas de VBG ont été répertorié dont 30% de viol, 12% d’agression sexuelles, 19% d’agression physique, 14% violence émotionnelle et d’ajouter que 82 cas de grossesse ont été recensés entre 2023 et 2024.
Soins liés à l’approche « Genre & Santé VBG » Les soins liés à l’approche « Genre & Santé VBG » comprennent une gamme de services et d’interventions pour répondre aux besoins des femmes et des filles affectées par les violences basées sur le genre. Ces soins incluent : La Prise en charge médicale : Les soins médicaux pour les victimes de violences, y compris le traitement des blessures, la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) et la prise en charge des grossesses non désirées qui sont traités dans les dix One Stop Center des communes et régions et la remise des kits de dignités aux victimes. Selon les cas enregistrés en 2024 par le One Stop Center de la commune V, sur plus de 486 cas de VBG, il a été enregistrés (125 cas) de viol, Agressions sexuelles (49 cas), Agressions physiques (136 cas), mariage forcé (2 cas), Déni de ressources (38 cas), violences physiologiques (61 cas) qui ont été prise en charge (médicale, juridique, réinsertion socioéconomique et psychosociale) au niveau des One Stop Center mis en place dans les structures sanitaires. Aussi, le Soutien psychologique pour aider les victimes à faire face aux traumatismes et aux conséquences émotionnelles des violences. Également sont donnés, le Conseil, l’information et l’orientation sur les droits des victimes, les ressources disponibles et les options de prise en charge et la prévention des violences basées sur le genre à travers l’éducation, la sensibilisation et la promotion de l’égalité des sexes. Au titre des témoignages, nous avons recueillis les impressions de certaines victimes sous le couvert de l’anonymat, le cas de N&T, âgée de15 ans, victime de viol et agression sexuelle par les bandits armés dans leur village au nord du Mali. Dans son histoire, « elle raconta ce soir-là je m’amusais à la belle claire de lune avec mes amies lorsqu’un groupe de personnes habillés en tenue treillis militaire surgit de nulle part et s’avance en direction de notre groupe de filles, nous entouraient, aussitôt nous avons poussé des cris et appela à l’aide et essayer de nous fuir quand l’un d’eux s’en prend à moi et essaya de m’amena malgré mon insistance sous son aile, elle me trimballa vers un endroit secret et déchira mes habits, enleva mon pagne, me déshabilla nu, je me débattais en criant laissez-moi malgré que ma bouche fut fermée par sa main, mon agresseur me repoussa de toutes ses forces. Elle poursuit : « Mon agresseur, après avoir commis son forfait en abusant de moi a disparu dans la nature. « À travers ses relations, mon fiancé à porter plainte, mais nous n’avions pas les moyens de nous lancer dans des procédures administratives et judiciaires, surtout que le coupable avait déjà̀ fui », le fiancé, jeune et robuste avec un sentiment de regret et vengeance confia que le coupable sera puni. C’est grâce à une relation de mon fiancé qui travaillait dans les ONG voisine qui fait m’a faire découvrir le One Stop Center de la région de Mopti. « Donc c’est là que j’ai bénéficié d’un suivi médical complet gratuit et d’un soutien psychologique. Dans le cadre d’une insertion sociaux-professionnelle, j’ai bénéficié d’un fond de démarrage d’activité génératrice de revenu, j’ai suivi une formation en gestion d’entreprise afin de permettre de mieux gérer mes stocks de denrées alimentaire et produits de première nécessité, ce qui m’a permis d’être optimiste et voir la vie du bon côté », a-t-elle expliqué. Ainsi, N&T à piu développer son activité́ et avoir une meilleure condition de vie. Le deuxième cas est celui d’un déni de ressource suivi d’une violence physiologique, la nommé SA qui a été maltraité et abandonner par son mari au profit de sa coépouse. Après un abandon de foyer, la famille à essayer de maintenir leur fille dans le foyer à travers une réconciliation à l’amiable mais force vaine car son mari l’abandonna à son sort sans ressources. Son seul soutien sont ses frères qui lui viennent au secours pour les loyers de fins du mois et la nourriture. A la suite des traumatismes, la fille à déprimé et passe la journée a raconté sa mésaventure à ses copines et parents. Pour la petite histoire, la fille depuis son tendre âge a été confié à l’homme qui cohabitait dans la même famille que la belle-mère, jeune apprenti, puis employé de commerce. Grâce à la confiance de son patron et sa persévérance, l’homme a fait fortune dans la vente de ciment importé de la cote d’ivoire, le jeune homme bénéficia des largesses et se sent dans l’âme du chef. Alors qu’elle s’était marié à la fillette étant pauvre employé de commerce, la belle mère lui confia sa future femme, qui aujourd’hui sont devenus ennemis à l’image de chien et chat jusqu’à ce que la femme a entrepris des démarches pour le divorce devant les instances judicaires. Pourtant, elle a tapé à la porte de certaines d’ONG par exemple WILDAf, à la brigade de mœurs afin de soulager sa souffrance mais sans solution adéquate. En tout état de cause, malgré les bonnes intentions de certaines organisations de défense, les moyens font défaut face aux moyens colossaux et à la machine judicaire.
Défis et Opportunités, L’implémentation de l’approche « Genre & Santé VBG » rencontre plusieurs défis, notamment : le manque de ressources : Les ressources limitées pour soutenir les services de soins et de soutien aux victimes.
La Stigmatisation et discrimination : Les victimes de violences basées sur le genre sont souvent stigmatisées et discriminées, ce qui les empêche de chercher de l’aide.
Faiblesse des systèmes de santé : Les systèmes de santé fragiles et sous-financés peuvent ne pas être en mesure de fournir les soins nécessaires. Cependant, il existe également des opportunités pour renforcer l’approche « Genre & Santé VBG », telles que : L’Engagement politique : L’engagement des gouvernements et des décideurs politiques pour aborder les violences basées sur le genre et soutenir les services de soins à travers les organisations telles que L’ONASR, le projet Horizon Espoir et son consortium etc.
Le Partenariats et collaborations : La collaboration entre les organisations de la société civile, les organisations internationales et les gouvernements pour promouvoir l’approche « Genre & Santé VBG ».
-L’Innovation et technologie : L’utilisation de l’innovation et de la technologie pour améliorer l’accès aux soins et aux services pour les victimes de violences basées sur le genre.
En Conclusion, L’approche « Genre & Santé VBG » est essentielle pour aborder les inégalités de genre et les violences qui affectent la santé et le bien-être des femmes et des filles. Les soins liés à cette approche sont cruciaux pour répondre aux besoins des victimes et promouvoir la santé et les droits des femmes. Malgré les défis, il existe des opportunités pour renforcer l’approche « Genre & Santé VBG » et améliorer la vie des femmes et des filles à travers le monde. En recommandations, il ressort de l’enquête de : Renforcer les systèmes de santé pour qu’ils soient plus réactifs et plus sensibles aux besoins des victimes de violences basées sur le genre, augmenter les ressources pour soutenir les services de soins et de soutien aux victimes, promouvoir l’éducation et la sensibilisation pour changer les attitudes et les comportements qui perpétuent les violences basées sur le genre, Soutenir les partenariats et les collaborations pour promouvoir l’approche « Genre & Santé VBG » et améliorer la coordination des services. En travaillant en synergie d’action, il est possible de créer un monde où les femmes et les filles peuvent vivre sans crainte de violences et où leurs droits sont respectés et protégés.
Alassane S Cissé
