Véritable science des terres, la géologie au Mali ne date pas d’aujourd’hui car elle a commencé depuis la période néolithique (l’âge de la pierre polie). D’après certains penseurs du monde : » la civilisation a commencé avec la géologie « . Notre pays disposant des potentialités économiques, l’activité géologique occupe une place de premier choix. C’est pour savoir plus davantage sur la géologie au Mali que Lamine Togola, Président du collectif des jeunes géologues du Mali non moins le vice président de la Fédération des Géosciences du Mali (FEGEM) a bien voulu nous accorder un entretien.
Dans son propos introductif, M. Togola a d’abord représenté la géologie comme étant l’ensemble des géologues qui sont dans différents secteurs d’activités à savoir : Le secteur public qui comprend l’office de recherche pétrolière, la directrice nationale de la géologie et des mines, la direction de l’hydraulique, les enseignants de l’université. Le secteur privé aussi est divisé en deux catégories à savoir les géologues d’exploration et les géologues miniers, c’est-à-dire qui travaillent dans les mines en phase d’exploitation. Selon lui, la géologie occupe une grande place dans l’économie malienne vu les mines qui sont opérationnelles. « Certains travaux ont été fait avant à découverte de ces mines avant que le Mali n’accède à l’indépendance « , a-t-il rappelé. Poursuivant que de ce jour à aujourd’hui, les géologues ont fortement contribué à l’économie, à l’expansion et à la création des données dans le cadre de la géologie. Il dira que cette géologie se distingue des autres activités minières mais qu’elles se complètent pour la mise en oeuvre de l’activité minière. Il a expliqué qu’une réserve est étudiée dans un premier temps par les géologues, appelée autrement la réserve géologique. Il a ajouté que cette réserve est étudiée par les différents intervenants qui peuvent être des économistes, des techniciens qui vont réussir à contribuer la mise en oeuvre, à l’exploitation pour qu’elle soit une réserve minière et industrielle. Cela fera suite à des analyses de certains facteurs économiques, financiers et techniques qui permettent de la mise en oeuvre et l’exploitation à profit du gisement. M. Togola a précisé que le géologues collabore avec les chimistes, les métallurgistes, les économistes, financiers et même les commerciaux qui sont destinés à prendre le produit fini et le vendre pour renflouer les caisses afin de continuer les opérations. En ce qui concerne les ressources minières du Mali, M. Lamine Togola a précisé que la principale ressource minière reste l’or. « Le Mali exploite aussi d’autres ressources minérales comme la bauxite, le minerai de fer, le diamant, le calcaire, le manganèse, le nickel, le pétrole, les phosphates, l’étain et l’uranium », a-t-il ajouté.
Dans son intervention, il a mis l’accent sur l’importance de l’or au sein de l’économie du pays. S’agissant des données économiques sur la production, il dira que le Mali occupe la 3ème place en Afrique. Ce qui signifie qu’il contribue fortement à l’économie à travers les revenus fiscaux, l’employabilité, les activités de sous-traitance de fournisseurs et de prestation. Il a annoncé que l’or contribue au PIB malien à moins de 5% selon les données.
Quant aux défis, le Président du collectif des jeunes géologues du Mali a souligné qu’ils sont nombreux. D’abord le secteur est confronté à l’investissement, car sans cela, il ne pourrait y avoir des projets d’exploitation. Ensuite le personnel qualifié, car, dit-il malgré de nombreux géologues sur le marché, l’Etat a besoin les meilleurs spécialistes. Aussi des défis environnementaux, car selon lui, des projets d’exploration peuvent souvent confronter à des situations d’incompréhension au niveau des communautés.
Dans le cadre de la réglementation du code minier, le Président a rappelé les anciennes législations qui datent de 1961, 1963, 1991, 1999, 2012, 2019 avant de féliciter le gouvernement pour le dernier code qui date de 2023. Il a expliqué que la dernière législation a apporté des innovations majeures, notamment la loi sur le contenu local qui constitue un avantage pour le secteur prestateurs- sous-traitants.
L’or brille-t-il pour le malien ?
Face à cette question qui taraude l’esprit de bon nombre de maliens, le Président Togola confirmé que l’or brille de façon indirecte à travers les emplois qui sont générés. « Il existe des mines qui peuvent employer plus de 2000 ou 3000 personnes », a-t-il déclaré avant d’ajouter qu’il y a aussi des fournisseurs. Il a précisé que le nouveau code minier parle de 5 fonds qui sont : Le fonds du développement, le fonds de financement des infrastructures, de transports, hydraulique et énergétique…. qui vont permettre l’impact social, économique des activités minières sur l’économie et sur les populations.
Parlant de son organisation, le Président Lamine Togola a rappelé que son collectif aété créé en 2011 par les jeunes géologues nouvellement gradés qui avaient fait la formation pour la recherche de la géologie. Au fil du temps, ce collectif a évolué et a assuré beaucoup de missions. » Le collectif a cherché des stages aux jeunes géologues dans les sociétés et les bureaux d’études. Certaines sociétés minières ont même donné du travail à des jeunes, d’où l’objectif principal du collectif « , a-t-il laissé entendre. Il a ajouté que son collectif compte plus de 600 membres et qui se trouve aujourd’hui dans la grande faîtière qui est la Fédération des Géosciences du Mali (FEGEM ), aussi composée d’une dizaine d’associations.
Par rapport à la création d’une école de la géologie, le Président Togola a défendu cette thèse en disant que cela permettra que l’or brille pour le malien. Et d’ajouter que le secteur doit avoir de meilleurs spécialistes issus des écoles de géologie. « La mise en oeuvre d’une activité minière nécessite forcément à la création d’une école de géologie et des mines », a soutenu le Président Togola. Il a aussi souligné qu’il existe d’une dizaine d’instituts dédiés à la géologie et des mines, plus l’Ecole Centrale pour l’industrie, le Commerce et l’Administration (ECICA), la faculté des sciences techniques et l’ École Nationale d’ingénierie (ENI). Il a profité pour signaler que l’Etat doit faire des efforts pour chercher de meilleurs spécialistes et des agents géologues afin qu’ils puissent mener bien leurs activités sur le terrain.
Dans son mot de fin, le géologue a insisté sur les défis auxquels le secteur doit toujours relever. « On peut toujours mieux faire en réunissant des acteurs publics et privés en multipliant des espaces de rencontres afin de trouver des solutions aux défis « , a-t-il conclu.
Réalisé par Alassane Cissé
