Journée de l’Afrique : ENJL-Mali lance le « Café des Expériences » pour renforcer le dialogue intergénérationnel
En marge de la célébration du 25 mai, marquant la Journée de l’Afrique, l’association Espace National des Jeunes Leaders Mali (ENJL-Mali) a procédé, samedi 23 mai 2026, au lancement officiel du « Café des Expériences » à EPHEP Smart School, à l’ACI 2000. Cette initiative ambitionne de créer un cadre d’échanges entre générations autour des questions de citoyenneté, de leadership et de développement.
Placée sous le thème : « Le Mali et son histoire : quel type de jeunesse pour le développement ? », cette première édition a été animée par Daouda Naman Teketé, ancien conseiller au ministère de l’Éducation nationale, écrivain et journaliste à la retraite. La rencontre s’est tenue en présence du président exécutif de l’ENJL-Mali, Seydou Ballo, ainsi que de plusieurs représentants d’associations de jeunesse et d’organisations citoyennes.
Dans son discours d’ouverture, le secrétaire à l’organisation de l’ENJL-Mali, Abdrahamane Coulibaly, a expliqué que le « Café des Expériences » vise à promouvoir le dialogue intergénérationnel et le partage d’expériences entre les anciens et les jeunes générations.
« Réfléchir ensemble, c’est grandir ensemble, et quand les esprits brillants se rencontrent, le savoir devient lumière », a-t-il déclaré, avant d’insister sur l’importance de « l’école de la vie » dans la formation des jeunes.
Selon lui, cette initiative répond à une nécessité de transmission des savoirs et des valeurs dans une société où les jeunes ont parfois tendance à croire que tout s’apprend uniquement à l’école. Citant l’écrivain camerounais Eza Boto, il a rappelé que « la tragédie de l’Afrique, c’est que l’école n’y est pas le prolongement de la famille mais son tombeau ».
Le responsable associatif a également présenté la vision de l’ENJL-Mali, décrite comme une organisation apolitique et à but non lucratif œuvrant pour la promotion du leadership, du patriotisme, de l’engagement civique et de l’éveil de conscience des jeunes Maliens. Il a souligné que l’organisation ambitionne de devenir un réseau national et international capable de contribuer activement au développement du Mali à travers une jeunesse responsable et engagée.
Revenant sur la place des anciens dans la société africaine, il a évoqué la célèbre pensée de Amadou Hampâté Bâ : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », estimant que la disparition des anciens entraîne souvent la perte d’un savoir précieux transmis oralement de génération en génération.
Invité principal de cette première édition, Daouda Naman Teketé a, pour sa part, axé son intervention sur le panafricanisme, la jeunesse et les modèles de développement africains. Auteur de 23 ouvrages depuis son départ à la retraite, il a encouragé les jeunes à puiser dans l’histoire africaine afin de construire un développement adapté aux réalités du continent.
Selon lui, les modèles de développement inspirés de l’Occident ne répondent pas toujours aux besoins des sociétés africaines. « Le développement, ce n’est pas seulement construire de grandes routes, de beaux bâtiments ou posséder des voitures de luxe », a-t-il soutenu.
Pour le conférencier, le véritable développement repose avant tout sur l’harmonie avec les principes d’organisation et de fonctionnement de la société, tels qu’ils existaient dans les grands empires africains. Il a notamment cité les empires pharaoniques d’Égypte, du Ghana et du Mali comme exemples historiques dont les jeunes générations devraient s’inspirer.
Moussa Ibrahim
