La Grande mosquée Roi Fayçal de Bagadadji, située en Commune II du district de Bamako, a abrité hier, mardi 6 octobre 2026, la cérémonie officielle de remise des clés de 36 nouvelles latrines et de matériel d’assainissement. Financées par le Centre Roi Salman pour le secours et l’action humanitaire à hauteur d’une centaine de millions de francs CFA, ces infrastructures sanitaires ont été réalisées par l’ONG Al Farouk afin d’améliorer durablement l’hygiène de ce grand lieu de culte.
L’inauguration s’est déroulée en présence de Cheick Oumar Traoré, représentant du ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, du représentant de l’ambassadeur d’Arabie saoudite au Mali, de l’imam de la mosquée, ainsi que des délégués des familles fondatrices de Bamako. Le parrain du Mois de la Solidarité, Noumoudion Togola — âgé de 72 ans et remarqué comme le doyen des candidats au baccalauréat malien de la session de juin 2026 — honorait également l’événement de sa présence.
À l’entame de la cérémonie, une lecture du Coran dirigée par Oustaz Aboubacar a donné le ton de cette rencontre, placée sous le signe de la solidarité, de la coopération et du respect des lieux de prière.
Le projet comprend la réalisation de 36 toilettes réparties en deux blocs distincts. Les installations ont été configurées pour répondre spécifiquement aux besoins de tous les usagers : chaque bloc intègre 10 cabines pour les femmes, 12 pour les hommes et 2 cabines réservées aux personnes en situation de handicap.
En parallèle, l’ONG Al Farouk a doté la mosquée de matériel destiné à renforcer la gestion des déchets, incluant 10 grandes poubelles à roulettes pour les espaces extérieurs et deux grands bacs de regroupement.
Pour Moustapha N’Diaye, agent de l’ONG Al Farouk, cette réalisation s’inscrit dans la continuité des relations historiques entre le Mali et l’Arabie saoudite. Il a notamment rappelé la visite officielle du roi Fayçal au Mali en 1964, étape fondatrice des liens entre les deux nations.
Selon lui, ce projet d’assainissement fait suite à la réalisation antérieure d’un forage. Face aux besoins persistants en matière d’hygiène, une évaluation approfondie avait été menée pour proposer cette réponse adaptée. L’initiative ne s’arrête d’ailleurs pas aux infrastructures : elle prévoit aussi la formation des agents de nettoyage et la sensibilisation des fidèles. « L’assainissement et l’hygiène ne concernent pas seulement les infrastructures, mais aussi les comportements », a rappelé Moustapha N’Diaye.
Le représentant de l’ambassadeur d’Arabie saoudite a quant à lui réaffirmé l’importance accordée par le Royaume à l’entretien des lieux de culte et au confort des croyants, tout en saluant les efforts des autorités maliennes pour consolider cet axe de coopération.
Du côté des familles fondatrices de Bamako, la satisfaction est palpable. Bani Mariko Touré a rappelé que les anciennes installations étaient devenues défectueuses et que ce projet comble une attente forte des usagers. Tout en remerciant les donateurs, il a profité de l’occasion pour évoquer les prochains défis de la mosquée, notamment le besoin d’améliorer la ventilation et la climatisation lors des grandes affluences du vendredi.
Il a enfin insisté sur le fait que la pérennité de ces équipements reposait désormais sur la responsabilité partagée des gestionnaires du site et des fidèles.
Inaugurée en 1976 grâce au soutien saoudien, la Grande mosquée Roi Fayçal franchit ainsi une nouvelle étape dans la modernisation de ses services. La coupure du ruban symbolique ouvre la voie à un défi quotidien : maintenir ce lieu de culte aussi propre et accueillant pour les générations futures.
Aissetou Cissé
