Festival de la mangue « Mali Mangoro Sugu »
»Une opportunité majeure pour promouvoir la filière et renforcer son développement », dixit le président de l’interprofession mangue, Moctar Fofana
Le Palais de la culture a servi de cadre, ce mercredi, à l’ouverture de la deuxième édition du festival de la mangue « Mali Mangoro Sugu », prévue pour cinq jours. La cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre de l’Agriculture, Dr Ibrahima Samaké, a enregistré la présence de plusieurs membres du gouvernement, du corps diplomatique accrédité au Mali, ainsi que des acteurs clés de la filière mangue et de nombreux amateurs de ce fruit emblématique.
Au cœur des échanges, la valorisation de la mangue malienne et les défis structurels qui freinent encore son plein essor. Pour le président de l’interprofession mangue, Moctar Fofana, ce rendez-vous constitue bien plus qu’un simple cadre d’exposition.
« Ce festival est une opportunité majeure pour promouvoir la filière et renforcer son développement », a-t-il déclaré, insistant sur son rôle pédagogique, notamment à l’endroit des jeunes. Selon lui, l’événement permet de mieux comprendre toute la chaîne de valeur, de la production à l’exportation, en passant par la transformation.
La mangue occupe une place stratégique dans l’économie nationale. D’après Moctar Fofana, elle génère près de 10 milliards de FCFA par an. Au-delà de cette contribution directe, la filière participe à la sécurité alimentaire et au renforcement des moyens de subsistance des producteurs.
« Les revenus issus de la mangue vont directement aux producteurs, leur permettant de développer d’autres activités économiques et sociales », a-t-il expliqué.
Cependant, la filière reste confrontée à des contraintes majeures, notamment sur le plan de l’exportation. Après une interdiction d’accès au marché européen, le Mali fait désormais face à des restrictions.
Face à cette situation, les acteurs explorent de nouvelles opportunités. « Nous nous orientons vers les marchés anglais et marocain pour démontrer notre capacité à respecter les normes phytosanitaires exigées », a indiqué le président de l’interprofession.
L’objectif est clair : regagner progressivement la confiance des partenaires européens en appliquant une approche systémique rigoureuse pour limiter les risques liés à la qualité des produits.
Autre défi majeur : la prolifération des mouches des fruits, considérée comme une véritable calamité pour les vergers. Cette situation exige, selon les professionnels, une réponse urgente et coordonnée.
« Il est impératif de renforcer les traitements phytosanitaires et les capacités des acteurs. Mais cela ne peut se faire sans une forte implication de l’État et de ses partenaires », a plaidé M. Fofana.
La campagne en cours présente également des particularités préoccupantes. Entre floraisons précoces et tardives selon les zones, la production s’annonce irrégulière.
Dans ce contexte, les acteurs sont appelés à faire preuve d’anticipation et d’organisation pour assurer une récolte optimale, tout en respectant les exigences sanitaires.
À travers « Mali Mangoro Sugu », les professionnels de la filière entendent ainsi poser les bases d’une transformation durable, capable de faire de la mangue malienne un produit compétitif sur les marchés internationaux.
Moussa Ibrahim
