FENALAIT : Vers des solutions durables pour la filière laitière malienne
La Confédération nationale des producteurs de lait du Mali (FENALAIT) tient, ce samedi et dimanche, son assemblée générale ordinaire au Centre catholique de Niamana, sous la présidence de son président, Sanoussi Bouya Sylla, non moins président de l’APCAM. Un rendez-vous stratégique qui a réuni les représentants des fédérations régionales du lait (FERLAIT), venus de tout le pays, notamment des régions récemment intégrées comme Gao et Tombouctou. Au cœur des échanges : les défis actuels de la filière laitière et les pistes de solutions durables.
Dans une atmosphère studieuse, les acteurs de la chaîne de production laitière ont passé en revue les difficultés qui minent leur secteur, en particulier la question cruciale de l’alimentation du bétail en période de sécheresse. « Le problème majeur d’un éleveur au Mali, c’est la nutrition de son cheptel. Cela représente 80 % de nos soucis », a martelé M. Sanoussi Bouya Sylla, président de la FENALAIT. Pour lui, il est impératif de s’orienter vers des solutions fourragères, adaptées aux réalités climatiques du pays. L’objectif : produire, stocker et commercialiser localement des sacs de fourrage, à l’instar des aliments composés pour bétail, devenus rares et coûteux.
La présence des représentants des anciennes régions administratives, regroupant désormais plusieurs nouvelles entités (comme Sikasso incluant Koutiala et Bougouni), témoigne de l’importance de cette rencontre. « Il s’agit de réfléchir ensemble, région par région, aux problématiques spécifiques et d’identifier des réponses communes », a souligné M. Sylla. La vision est claire : fédérer les efforts autour d’une stratégie nationale de production, de transformation et de distribution du lait local.
Le président de la FENALAIT a également insisté sur l’importance de la cohésion et du travail collectif. « La réussite ne vient jamais par hasard. Il faut se retrousser les manches, travailler, partager les idées pour atteindre les objectifs collectifs », a-t-il déclaré, appelant les membres à davantage d’engagement.
Abdoulkarim Dembélé, 1er vice-président de la FENALAIT et président de la FENALAIT de Sikasso, a pour sa part rappelé les objectifs de la Confédération. « Depuis cinq ans, nous avons structuré notre organisation de la base au sommet : des coopératives villageoises aux fédérations régionales, jusqu’à la Confédération nationale. Aujourd’hui, nous devons renforcer cette dynamique en échangeant directement avec les éleveurs sur les défis actuels », a-t-il précisé.
Sur le plan sous-régional, M. Dembélé a évoqué les efforts en cours pour faciliter l’entrée du bétail malien en République de Guinée, dans un contexte régional souvent complexe. « Les autorités guinéennes sont ouvertes à la collaboration et nos équipes sont déjà prêtes à se rendre sur place avec des animaux », a-t-il confirmé.
Interrogé sur la coexistence de groupes revendiquant également le statut de fédération nationale, le vice-président a joué l’apaisement. « Il n’y a pas de problème. Nous sommes dans un pays qui n’a pas besoin de guerre. La porte de la FENALAIT est ouverte à tous les producteurs. Qu’ils soient éleveurs, emboucheurs ou autres, nous les accueillons à bras ouverts », a-t-il rassuré. Il a rappelé qu’au-delà des divergences apparentes, seule l’Association malienne de la filière interprofessionnelle du lait local (MAMAFILAIT) est reconnue comme structure de coordination nationale.
Brehima Diallo
