Eaux et forêts : Bilan 2024 et programmation pour 2025
Sous la présidence du secrétaire général du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, M. Moussa Diarra, représentant de madame la ministre, s’est tenue ce mercredi 19 mars 2025 la réunion de bilan 2024 et de programmation 2025 des Eaux et Forêts. C’était dans la salle de conférence du Centre de Formation Pratique Forestier « Colonel Jean Djigui KEITA » de Tabacoro, en présence du directeur général des Eaux et Forêts, l’inspecteur général Amadou Diallo, et de l’ensemble des acteurs. Il s’agissait, au cours de cette rencontre, de faire le point sur les réalisations de l’année écoulée et de définir les priorités pour l’année à venir.
Après les mots de bienvenue de la directrice du Centre, colonel Djeneba Guindo, le directeur général a fait savoir dans son discours que, face aux multiples menaces qui pèsent sur les écosystèmes forestiers du Mali, les autorités en charge des Eaux et Forêts redoublent d’efforts pour préserver ces ressources vitales. Entre changement climatique et actions humaines destructrices, la pression sur les forêts reste alarmante.
Selon le directeur général des Eaux et Forêts, les forêts maliennes subissent des agressions multiples. Celles-ci résultent des effets du changement climatique, mais aussi d’activités anthropiques telles que les coupes abusives de bois, le défrichement anarchique, la construction de routes et de barrages, l’orpaillage semi-mécanisé, le surpâturage, les feux de brousse et les occupations illicites.
Malgré ces défis, l’année 2024 a été marquée par des initiatives importantes visant à atténuer les impacts négatifs sur les ressources forestières et fauniques du pays. Parmi les réalisations majeures, on note entre autres :
La lutte contre l’orpaillage semi-mécanisé : des actions répressives ont permis la saisie de 88 pelles hydrauliques, de véhicules pick-up et d’autres matériels utilisés dans cette activité illégale qui détruit les forêts et pollue les cours d’eau.
Pour le programme de 2025, le directeur général a fait savoir que les directions prévoient de planter 7 000 hectares. Quant au budget prévisionnel, il s’élève à environ 15 milliards de FCFA.
À l’entame de son discours, le secrétaire général a félicité l’inspecteur général Amadou Diallo, nouveau directeur général des Eaux et Forêts, soulignant la reconnaissance de son expertise et de son engagement en faveur du patrimoine forestier du Mali. Il a également rappelé l’importance des forêts pour l’équilibre écologique, économique et social du pays.
Malgré leur rôle crucial, les forêts maliennes restent menacées par la déforestation massive, l’orpaillage semi-mécanisé, l’urbanisation incontrôlée, l’expansion agricole et les feux de brousse. Face à ces défis, des actions significatives ont été menées en 2024, notamment :
L’élaboration de nouveaux textes législatifs pour une meilleure gestion des ressources forestières et fauniques.
La mise en œuvre de plans d’aménagement des forêts classées et des aires de conservation de la faune.
La création de services régionaux et subrégionaux des Eaux et Forêts.
La participation du Mali à la Journée de l’Arbre au Niger avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
La réalisation de 4 462,74 hectares de plantations, contribuant à la lutte contre la désertification.
Le secrétaire général a insisté sur la modernisation et la digitalisation de la gestion forestière, avec l’introduction de permis numériques et d’outils de suivi en temps réel des infractions environnementales.
Durant les trois jours de travaux, les participants ont validé le bilan 2024, finalisé le programme 2025 et débattu des réformes stratégiques, notamment la modification de la Loi n°10-028 du 12 juillet 2010. Le renforcement du partenariat public-privé et l’intégration des directives de l’UEMOA sur les zones humides figurent aussi parmi les priorités.
Brehima DIALLO
