Dans le cadre de la Semaine nationale de la Réconciliation (SENARE 2025), un atelier inédit s’est tenu au centre de formation de l’INPS. L’initiative avait pour objectif d’initier 39 jeunes acteurs culturels à la création musicale en associant les richesses de la tradition à la puissance de l’intelligence artificielle.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont le médecin colonel-major Ousmane Ly, membre de la commission d’organisation de la SENARE, et le directeur de l’INPS, Ousmane Karim Coulibaly.
Prenant la parole, le colonel-major Ousmane Ly a souligné la portée de cette démarche novatrice :
« Aujourd’hui, nous explorons les voies de la réconciliation en mariant tradition et intelligence artificielle. Les participants apprendront à composer de la musique alignée sur nos traditions, dans nos langues nationales et officielles, à travers des outils comme ChatGPT, Gemini et Suno. »
Durant l’atelier, les jeunes ont été formés à l’écriture de chansons dans une dizaine de langues locales et officielles – parmi lesquelles le bamanankan, le fulfulde, le tamachek, l’arabe, le sonrhaï, le mamara, le sénoufo et le kassonké. Les textes produits étaient ensuite transformés en chansons grâce à des logiciels de génération musicale.
Le processus créatif s’articulait en plusieurs étapes : rédaction d’un prompt, choix du thème (paix, réconciliation, cohésion sociale), sélection de la langue, des instruments traditionnels (tamani, goni, djembé, balafon) et de la voix adaptée. En quelques minutes seulement, l’IA générait des morceaux que les participants pouvaient interpréter devant un jury.
Pour le colonel-major Ousmane Ly, cette approche est une manière d’anticiper les mutations technologiques : « Nous vivons dans un monde en plein changement. Si nous n’apprenons pas à comprendre et à maîtriser l’IA, elle risque de nous dominer. L’IA servira ceux qui savent et sera une catastrophe pour ceux qui ignorent. »
En intégrant les langues nationales et les instruments traditionnels aux outils d’intelligence artificielle, la SENARE propose une approche originale qui allie créativité, modernité et cohésion sociale, tout en sensibilisant la jeunesse à un usage éclairé des nouvelles technologies.
Moussa Ibrahim
