Coopération Qatar-AES : Le nouvel axe stratégique qui mise sur l’éducation
De Doha à Niamey, le partenariat entre le Qatar et l’Alliance des États du Sahel (AES) franchit une étape historique. Entre distinctions diplomatiques et projets éducatifs majeurs, cette alliance se transforme en un moteur de développement concret, plaçant l’instruction des filles au sommet de ses priorités.
L’ambiance était à la fois solennelle et chaleureuse, ce jeudi 2 avril 2026, dans les salons de la Chancellerie du Mali à Doha. S.E. Mme Sidibé Dedeou Ousmane, Ambassadeur du Mali au Qatar, y a décoré S.E. M. Ahmed Abdulrahman M. Al-Senaidi de la médaille de Chevalier de l’Ordre national à titre étranger.
Cette distinction, décernée au nom du Président de la Transition malienne, le Général d’armée Assimi Goïta, vient saluer huit années d’un activisme diplomatique sans faille. Pour celui que l’on surnomme le « bâtisseur de ponts », cette décoration marque l’aboutissement d’une mission dédiée au rapprochement entre Bamako et Doha.
Une diplomatie de terrain
Loin des simples protocoles, l’engagement qatari au Sahel a pris, sous l’impulsion de M. Al-Senaidi et de son successeur, S.E. Ahmed Turki Ahmed Al Turki Al Subaie, une tournure résolument pragmatique. En recevant son titre, l’ancien ambassadeur a tenu à rendre un hommage vibrant aux victimes du terrorisme, tout en réitérant ses vœux de stabilité pour la région en 2026.
L’éducation des filles : Le levier de la souveraineté
Si les accords se signent à Doha, c’est au cœur du Sahel que les résultats fleurissent. Le symbole le plus fort de cette alliance reste l’inauguration, en septembre 2025 à Niamey, de l’École scientifique pour filles.
Entièrement financé par le Qatar, cet établissement d’excellence, inauguré aux côtés du Dr Elisabeth Shérif, ministre nigérienne de l’Éducation, incarne la vision commune de l’AES et du Qatar : faire de l’instruction des jeunes filles le pilier de la souveraineté future. Ce projet concrétise les engagements pris lors de la visite stratégique du Ministre d’État qatari, S.E. Abdoul Aziz Al-Khoulayfi, en février 2025.
Un « destin commun » entre sable et fleuve
Le renforcement des liens avec l’AES marque une rupture avec l’aide au développement classique. On parle désormais d’un partenariat de « destin commun ». En investissant massivement dans le capital humain et en honorant les artisans de cette amitié, le Qatar s’impose comme un allié de premier plan pour le Sahel.
Comme l’a souligné la Chancellerie malienne, ces infrastructures et ces honneurs ne sont pas de simples gestes diplomatiques. Ils sont le témoignage d’une volonté de bâtir des « ponts indestructibles » entre les sables du Qatar et les rives du fleuve Niger.
Aissetou Cissé
