Sous la présidence du président de la Cour suprême du Mali, M. Fatoma Téra, s’est ouvert ce mercredi 22 octobre 2025, dans la salle de conférence de ladite institution, un atelier d’échanges entre les membres de la Section administrative de la Cour suprême du Mali et ceux du Conseil d’État du Burkina Faso.
Les travaux, placés sous le thème « Le pourvoi en cassation », se poursuivront jusqu’au 24 octobre.
La cérémonie d’ouverture a enregistré la présence du Premier président du Conseil d’État du Burkina Faso, M. Édilbert Somé, ainsi que de nombreuses personnalités judiciaires maliennes : le procureur général, les présidents des sections judiciaire, administrative et des comptes, les présidents de chambre, les avocats généraux et les rapporteurs publics.
Dans son allocution d’ouverture, le président Fatoma Téra a rappelé que cette rencontre s’inscrit dans un contexte où les exigences de bonne gouvernance, de transparence administrative et d’efficacité du service public de la justice imposent une coopération accrue entre les juridictions supérieures de la sous-région.
« Cet atelier n’est pas seulement une rencontre technique, c’est un véritable moment de réflexion partagée, de mise en commun des expertises et d’harmonisation de nos pratiques en matière de droit public et administratif », a-t-il souligné.
Le magistrat a insisté sur la nécessité pour les deux institutions de dialoguer régulièrement, d’échanger sur les problématiques communes et d’examiner les évolutions jurisprudentielles afin de renforcer leurs capacités respectives.
Selon lui, les objectifs de cet atelier sont clairs : acquérir les connaissances de base en matière de cassation ; identifier les cas de cassation sans renvoi ; comprendre les situations où le juge de cassation statue comme juge du fond ;
et maîtriser les techniques de cassation à travers un échange d’expériences entre magistrats maliens et burkinabè.
Le président de la Cour suprême a également rappelé que la justice doit être au rendez-vous des transformations en cours dans les deux pays, engagés dans un vaste processus de refondation.
« Je formule le vœu que les travaux de cet atelier soient riches, francs et constructifs, et qu’ils aboutissent à des recommandations fortes, susceptibles d’impulser une dynamique nouvelle dans nos coopérations institutionnelles », a-t-il conclu avant de déclarer ouverts les travaux.
Interrogé sur le choix du thème, M. Téra a expliqué que la Cour suprême du Mali a désormais retrouvé sa vocation de juridiction de cassation, après la création de la Cour d’appel administrative.
« Il était donc nécessaire de renforcer les capacités des conseillers dans ce domaine. Nous privilégions la coopération Sud-Sud, notamment avec notre pays frère, le Burkina Faso, dont le Conseil d’État dispose d’une solide expérience en la matière », a-t-il précisé.
Prenant la parole à son tour, le Premier président du Conseil d’État du Burkina Faso, M. Édilbert Somé, a salué cette initiative conjointe et réaffirmé la volonté de son institution d’accompagner la Cour suprême du Mali dans le renforcement des compétences en matière de cassation administrative.
« L’ordre administratif au Burkina Faso existe depuis l’an 2000. Nous avons acquis une certaine expertise en tant que juge administratif. Cet atelier est une belle occasion de partager nos expériences, mais aussi d’apprendre de nos collègues maliens », a déclaré M. Somé.
Il a ajouté que cette coopération judiciaire entre les deux institutions est appelée à se renforcer au fil des années, pour produire des résultats concrets au bénéfice de la justice dans les deux pays.
Moussa Ibrahim
