CHOGUEL EN PRISON : UN DESTIN OU UNE ÉPREUVE POUR LES EMPRISONNEURS ? <<Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n’engagent que leur avis, opinion et responsabilité>>
La question a maintenant pris date. Il reste à savoir ce que les oracles réservent comme réponse pour les jours, semaines, mois et années à venir. Les Sanskrits parlent de mauvais karma qui produit toujours ses effets dans le temps ; quant aux adeptes des trois religions dites monothéistes (islam, christianisme et judaïsme) – voire les tenants d’une certaine philosophie, ils parlent, eux, de la justice immanente qui relève d’une réalité supérieure. Tout le monde sait que l’arrestation de Dr. Choguel Kokalla Maïga, ancien ministre et ancien Premier ministre, relève d’une cabale qui n’aura pas échappé aux avisés. Il fallait, coûte que coûte, lui trouver des poux dans la tête. Le film des différentes séquences de la cabale ne laissent pas de doute sur la volonté de le neutraliser pour de bon, certainement pour de nombreuses raisons inavouables dont celle de satisfaire la France qui ne lui pardonne pas de lui avoir fait échapper le Mali où elle avait sa plus grande base militaire hors de l’Hexagone, à Gao, et d’avoir éveillé l’Afrique entière contre elle. Bref, Dr. Choguel Kokalla Maïga est désormais écroué pour « atteinte aux biens publics », a-t-on trouvé. La question est de savoir s’il en sortira un jour car, d’évidence, un procès de lui n’est pas dans l’air du temps, encore qu’il ne laisse le reste de sa précieuse vie entre les murs de la MCA par un de ces actes qui demeurera volontairement irrésolu comme celui qui a envoyé le tout premier Président du Mali, Modibo Keïta. Lui-même s’attend au pire, il l’a dit avec philosophie, en s’exprimant quasiment comme un certain Bakary Djibo du Niger, qui disait en son temps les voies par lesquelles passent les politiciens indésirés passent, voies plutôt de l’honneur pour eux. Contre Dr. Choguel, que n’a-t-on pas cherché contre lui ? On avait prétendu qu’il avait puisé dans les fonds de l’AGEFAU pour une colonie de vacances pour les enfants. Deux célèbres avocats avaient de cet argument spécieux leur choux, l’un des deux se fera même passer pour le dindon de la farce du poste de Premier ministre qui lui échappera. Puis, le pauvre Vérificateur général Baby pour ne pas le nommer, se fendra d’un rapport sur l’infortuné Dr. Choguel en précisant, en bon Ponce Pilate tropical du 21ème siècle, que c’est la première fois que son Bureau se penche sur la gestion de l’AGEFAU, structure relevant de la Primature. Comme ce fameux rapport n’a pas trouvé les arguments imparables, il en produira un deuxième cinq petits mois après, qui sera exploité avec outrance. Qui, au Mali, n’a pas entendu dire que Dr. Choguel est le parrain du terrorisme djihadiste ? Qui encore, au Mali, n’a pas récemment entendu qu’il a, dans la présumée tentative de coup d’État qui défraie toujours la chronique, qu’il a au sein de l’armée nationale une aile commandée par le ministre de la Défense et des anciens Combattants ? Et le relais est en permanence assuré depuis quelques jours par des activistes non maliens qui ne connaissent rien de nos réalités. Dans tous les cas, avec honneur et dignité, regardons-nous les yeux dans les yeux, et posons la question difficile : quel serviteur de l’Etat, durant les 40 dernières années, a rendu plus de services de qualité au Mali que Dr. Choquel ? L’AGEFAU, c’est lui qui l’a créée. L’AMRTP, c’est encore sa création à lui. Les structures pour l’évolution et la prise en charge du développement du textile au Mali et dans notre sous-région (trouvez le nom). En quittant l’AMERTP, le pauvre petit voleur Choguel (maintenu en garde à vue durant une semaine dans les locaux du Pôle Economique et Financier, une première certainement dans l’histoire du Mali pour un ancien chef du gouvernement) a laissé dans les caisses 60 milliards de FCFA. Quel Malien, patriote gouvernant le ciel et la terre, a-t-il jamais réussi pareille performance ? Malheureusement, comme il y a des choses que l’on ne peut faire qu’avec indignité, certains s’emploient à longueur de réseaux sociaux, de dénigrer et encore dénigrer, toujours avec un entrain renouvelé, le pauvre Dr. Si un jour il sortait il devrait sortir sans âme de la prison et que nous sommes encore en vie et en liberté, nous nous écrierons : « Il est mort pour le Mali, mais paradoxalement pour le bonheur de la France ! » Question de destin peut-être pour un homme, mais aussi question d’épreuve pour les emprisonneurs.
Amadou N’Fa Diallo
Source : journal Le National n° 715 du vendredi, 22 août 2025.
Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n’engagent que leur avis, opinion et responsabilité
