Autonomisation au Mali : La promotion « Djikiné Hatouma Gakou » brise les chaînes de la vulnérabilité
Le samedi 28 mars 2026 , le siège de la FEMAPH sis à Bakaribougou a vibré au rythme de l’émotion et de l’espoir. L’ONG Wele-kan a célébré la sortie de sa première promotion de savonnerie : 50 femmes en situation de handicap, désormais armées pour conquérir leur indépendance économique. Un événement placé sous le signe de l’hommage à une icône disparue, l’Honorable Djikiné Hatouma Gakou.
Un héritage vivant : L’hommage à une « Combattante de la Dignité »
Le choix du nom de cette promotion n’est pas fortuit. En baptisant ces 50 premières diplômées du nom de l’Honorable Djikiné Hatouma Gakou, l’ONG Wele-kan honore une promesse sacrée. Ancienne vice-présidente du CNT et figure de proue de la FEMAPH, celle qui nous a quittés le 1er avril 2025, revit à travers ces femmes.
L’émotion était palpable lorsque son amie d’enfance, l’ancienne ministre Mme Maïga Sina Damba, a dépeint le portrait d’une « guerrière » infatigable pour les droits humains. Les louanges de la griotte Ami Doumbia et les notes de l’artiste Zikiri Yaya ont fini de transformer la cour de la FEMAPH en un sanctuaire de mémoire et de fierté.
De la formation à l’action : Le pari de l’ONG Wele-kan
Pour Mme Fanta Taga Koïta, présidente de l’ONG, l’objectif est clair : transformer le handicap en compétence. « Nous ne voulons plus de charité, mais des opportunités », semble être le mantra de ce projet soutenu par des figures engagées comme Mme Nina Walet Intalou et le parrain M. Toupe Cissé.
Lancée en 2021, Wele-kan confirme ici sa mission : faire de l’artisanat un levier de transformation sociale. En apprenant à fabriquer du savon, ces 50 pionnières ne produisent pas seulement un bien de consommation ; elles lavent les préjugés et bâtissent leur propre dignité.
L’État malien en première ligne
Présent pour l’occasion, M. Sayon Doumbia, Conseiller technique au ministère de la Santé et du Développement Social, chargé de la Décentralisation, a porté la voix du gouvernement. Son message est fort : le Mali change de paradigme. « L’objectif est de passer de l’aide ponctuelle à des solutions durables », a-t-il affirmé, rappelant les mesures de discrimination positive pour l’accès à la fonction publique et le soutien indéfectible aux initiatives locales.
La présence de l’Honorable Konaté Zeinab Guissé (2ème Vice-présidente du CNT) souligne l’importance politique de cet événement : l’inclusion n’est plus une option, c’est une priorité nationale.
En sortant de cette formation, ces 50 femmes ne sont plus seulement des « personnes vulnérables ». Elles sont désormais des actrices du développement malien, prêtes à transformer leur savoir-faire en moteur de croissance pour leurs familles et leur pays.
Aissetou Cissé
