Le Centre d’Etude et de Réflexion au Mali (CERM) a organisé jeudi 13 novembre 2025, à Bamako un colloque de deux jours sous le thème : » Quelles pistes pour améliorer durablement l’assainissement de la ville de Bamako « . La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le représentant du ministre de l’environnement, de l’assainissement et du développement durable, M. Niarga Oulé Dembélé. C’était en présence du Président du CERM, M. Amadou Diop, le représentant de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung, M. Abdourhamane Dicko et ainsi des participants.
Dans son mot de bienvenue, le représentant du Président du CERM, M. Amadou Diop après avoir salué la présence de tous les participants, a rappelé que le CERM est un Centre d’études et de réflexion crée en 2015 et qui a pour vocation de susciter le débat sur les défis auxquels notre pays est confronté à travers des compétences diverses et nationales, valorisant par cette démarche la fonction intellectuelle dans notre pays. « C’est ainsi que depuis 10 ans, nous avons initié de nombreuses réflexions sur des domaines divers touchant la vie de la nation », a-t-il déclaré avant d’ajouter que de la laïcité à l’industrialisation de notre pays, de la question de l’aide internationale à la question de l’eau, de la question de nos ressources minières à la question du dialogue social, des contributions ont été faites et partagées avec les acteurs et les autorités de notre pays pour apporter notre modeste contribution à la dynamique vertueuse de l’amélioration de notre vivre ensemble et de nos conditions de vie.
Il a expliqué que ce présent colloque s’inscrit dans cette dynamique. L’assainissement de nos villes et particulièrement de Bamako constitue un sujet majeur pour le cadre de vie de leurs compatriotes depuis de nombreuses années déjà. « En dépit des efforts entrepris, par les différents gouvernements, la situation reste, nous pouvons l’admettre largement en deçà de nos attentes », a laissé entendre M. Diop. Il souhaiterait que ces deux jours d’échanges, de discussions et de débat puissent engendrer des recommandations voire propositions pour leur approprier davantage la Politique nationale de l’assainissement, comprendre et analyser ce qui est en cours dans ce domaine y compris les dispositions légales et réglementaires en la matière.
Prenant la parole, le représentant de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung a aussi décliné la vision de son organisation et expliqué ses différentes missions. Selon M. Dicko, l’eau et l’assainissement sont des droits humains fondamentaux comme le dit très clairement l’ODD 6: « Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau». Poursuivant que cet objectif vise un accès universel et équitable à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement d’ici 2030, en particulier pour les populations vulnérables. Il dira que la pertinence se situe aussi dans la contribution à la réalisation d’un bien public dans ses dimensions de protection de la santé, de l’environnement et de la responsabilité des collectivités.
Quant au représentant du ministre de l’environnement, de l’assainissement et du développement durable, l’état actuel de nos systèmes d’assainissement, marqués par une forte prédominance de l’assainissement autonome ou encore non collectif insuffisamment géré représente un risque sanitaire et environnemental certain.
Face à ce constat,explique-t-il que le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre avec l’accompagnement de la Banque Mondiale le Projet de Résilience Urbaine de Bamako pour améliorer durablement l’assainissement de la ville de Bamako. « Ce projet sera un créneau pour organiser les filières de gestion des déchets solides et liquides, mener une caractérisation complète des déchets, réaliser des infrastructures modernes de gestion des déchets », a-t-il souligné. Et d’ajouter qu’il ne s’agit pas seulement de réaliser des infrastructures, mais aussi de bâtir un système d’assainissement durable et résilient au changement climatique qui soit un héritage pour les générations futures. Il a aussi expliqué que le projet de résilience urbaine de Bamako peut leur permettre d’atteindre cet objectif de résilience et de durabilité. Et de continuer que pour pallier la problématique de façon holistique sur toute l’étendue du territoire national, le ministère de l’environnement, de l’assainissement et du développement durable a initié la relecture de la Politique Nationale d’Assainissement en prenant en compte les questions des changements climatiques, du genre, de l’équité inclusion et les recommandations des assises nationales de la refondation sur le volet assainissement. Il a profité de son discours pour signaler que l’analyse des contraintes et opportunités qui s’offrent aux acteurs montrent que du chemin a été fait notamment sur le plan politique, institutionnel, règlementaire et dans la collecte des informations. Cependant, beaucoup reste à faire.
« Nous espérons que le présent atelier permettra sans nul doute d’identifier les défis et de trouver des pistes de solutions afin d’améliorer qualitativement le cadre de vie des populations », a-t-il conclu.
Alassane Cissé
