AOÛT, C’EST QUOI FINALEMENT ? : Petites évocations non exhaustives…
La question, à priori, ne nous paraît pas si saugrenue, bien qu’il nous faut éviter de paraître maudire le mois d’août. Ce n’est qu’un moment dans le comput du temps dans lequel nous voguons sans arrêt, mais tout n’est-il pas message que Dieu- le Ciel, préfèrent dirent certains- nous envoie ? Août, dans l’histoire mondiale, se rappellera toujours à la conscience internationale en son sixième jour (06 août 1945) par l’acte meurtrier du largage par l’Oncle Sam de la toute première bombe atomique, « Little Boy », sur Hiroshima (Japon). Depuis, toutes les nations considérées grandes sont également lancées dans la course aux armes nucléaires, ou atomiques, précieux outils dits dissuasifs pour elles. Un comble pour l’humanité qui aspire à la paix et qui assiste impuissante à la prolifération des armes dangereuses conçues et fabriquées pour la tuer, au lieu d’investir puissamment dans l’agriculture et la santé pour son bonheur. Ceci est un constat, qui vaut la peine que l’on y consacre quelque attention.
« Le mois d’août est vraiment très particulier en ce qui concerne les grands évènements dans notre chère patrie », me lance, depuis les USA, mon aîné, Dr. Kouyaté Yacine, non sans m’inviter à sacrifier une petite réflexion à ce phénomène. Il s’agit effectivement d’un phénomène qui, comme tel, n’est toujours pas facile à appréhender en raison de la réalité que nous ne pouvons pas à perfection « tutoyer Dieu pour sonder ses intentions » (Stephen Hawkins). Tout de même, ce qui s’est souvent passé dans notre Mali durant août appelle à s’interroger. Petites évocations non exhaustives. La Fédération du Mali (Sénégal-Soudan) a éclaté dans la nuit du 19 au 20 août 1960. Et c’est exactement le jour même de ce 20 août-là que la France a brusquement arrêté les activités du port fluvial d’Ambidédi (région de Kayes) qui lui a permis pourtant pendant 70 ans d’approvisionner sa colonie du Soudan français où ses entreprises réalisaient de faramineux profits. Et la Révolution Active qui a, semble-t-il selon plusieurs analystes, précipité la chute du Président Modibo Keïta, a été déclenchée le 22 août 1967. Dans un passé qui remonte à moins de 15 ans, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a été élu. Puis réélu au mois d’août. C’est également durant le mois d’août qu’il a perdu le pouvoir en 2020 par l’irruption sur la scène d’une escouade de cinq qui assurèrent être intervenus pour parachever la lutte populaire de l’insurrection menée par le M5-RFP (Mouvement du 05 juin- Rassemblement des Forces Patriotiques). Arrêté le 18 août 2020, c’est tard dans la nuit (le 19 août donc) que les colonels parviendront à extorquer à IBK sa démission. Assimi Goïta n’est-il donc pas ainsi arrivé au pouvoir durant ce mois d’août, pouvoir qu’il domptera plus tard pendant un mois de mai ? Mais ce qui s’est passé pendant le mois d’août 2025 dépasse tous les entendements. Pour acte relevant de la cybercriminalité, l’ancien Premier ministre Moussa Mara est mis sous mandat de dépôt le 1er août. Le 14, il y eut l’annonce d’une tentative de coup d’Etat, avec dévoilement des présumés auteurs du putsch déjoué. Une semaine, l’ancien Premier ministre, Dr. Choguel K. Maïga, est convoqué au Pôle Economique et Financier où il reste en garde à vue durant huit jours ; il sera mis sous mandat de dépôt le 19 août. Août, c’est quoi finalement pour nous ? Et voilà, au grand étonnement général, qu’on apprend, le 15 août (dans la foulée de la foulée de l’annonce de la tentative de déstabilisation des institutions) qu’il y a eu découverte de 36 151 fonctionnaires. Une mesure apparemment conservatoire de « suspension des salaires » des intéressés est « prise », accueillie par des applaudissements déraisonnés. Mais août nous a sérieusement endeuillés cette année. Il nous a pris notre colonel Issa Ongoïba son vingtième jour, deux jours après l’anniversaire du 18 août 2020, et nous rappelant le 20 août 1960 de l’éclatement de la Fédération du Mali et de la mise sous séquestre du port fluvial d’Ambidédi.
Amadou N’Fa Diallo
Source : journal Le National n° 716 du vendredi, 29 août 2025.
