Lancée en juillet 2024 par le Président de la Transition afin de moderniser l’Administration malienne, la digitalisation des services et modes de paiement s’éloigne de son objectif initial semble-t-il. En particulier, le paiement des amendes routières a permis une corruption évidente avec des policiers profitant de la situation.
Les contrevenants ont tendance à préférer corrompre les agents de police avec de petites sommes plutôt que de régler leurs amendes via leur téléphone portable – une méthode qui leur coûte 5 fois plus cher que de négocier avec les agents. Cette préférence peut être expliquée par les coûts élevés associés aux paiements numériques. Dans un pays où la corruption est monnaie courante, il semble difficile d’imaginer que les contrevenants optent pour le règlement de leurs amendes par voie électronique.
Pourtant, l’Arrêté n° 2024-2477, instituant les « Amendes forfaitaires », détaille clairement les montants à verser. Mais dans la réalité, ce système profite davantage aux policiers qu’à la trésorerie publique. Au lieu de verser les 15 000 francs requis pour les caisses de l’État, les contrevenants sont souvent encouragés à négocier pour des sommes comprises entre 1 000 et 2 000 francs. Cette pratique doit cesser si nous voulons faire avancer le pays.
Chaque citoyen doit jouer son rôle : les usagers doivent s’acquitter de leurs amendes, et les policiers doivent dissuader les infractions sans chercher à en tirer profit. Aucun agent ne devrait s’enrichir illégalement au détriment de l’État et de la société. Il est crucial que chacun prenne conscience que la construction du pays repose sur l’engagement de tous. Le Ministère de la Sécurité doit mettre en place des mécanismes efficaces pour éradiquer ces pratiques. Sinon, les efforts de modernisation de l’administration, souhaités par le Président de la transition, le Général Assimi Koita, seront vains.
Fousseyni SISSOKO
Source: Notre Voie
