Bamako, les experts maliens et ivoiriens ont adopté par consensus le tracé définitif de leur frontière commune.
Mais attention : la frontière n’est pas encore matérialisée sur le terrain.
Le traité de délimitation doit encore être signé par les deux gouvernements, avant les opérations de démarcation et de bornage.
Derrière cette ligne sur une carte se trouvent des villages, des familles, des marchés, des routes et des populations qui vivent au quotidien de part et d’autre de la frontière.
Que change réellement l’accord de Bamako ? Pourquoi cette étape est-elle importante ? Et que reste-t-il à faire ?
L’annonce du 25 août 2026 peut donc être résumée en quatre étapes :
1. Le tracé est arrêté.
Les experts maliens et ivoiriens ont adopté par consensus la ligne définitive de leur frontière commune.
2. Le document juridique est préparé.
L’avant-projet du traité de délimitation a été adopté.
3. Le traité doit encore être signé.
Cette formalisation est attendue avant la fin de l’année 2026.
4. La frontière devra ensuite être matérialisée.
Les opérations de démarcation et de bornage pourront alors être déployées sur le terrain.
La frontière n’est donc pas « terminée ».
Elle entre dans une nouvelle phase.
Une ligne sur une carte, une réalité pour les populations
Il est facile de regarder une frontière depuis un bureau.
Sur une carte, elle est fine, nette et silencieuse.
Sur le terrain, elle rencontre des villages, des champs, des routes, des marchés, des familles et des activités économiques.
Elle rencontre surtout des personnes qui vivent avec les conséquences très concrètes des décisions prises dans les capitales.
C’est pourquoi la réussite de ce processus ne se mesurera pas uniquement au nombre de kilomètres délimités ou au nombre de bornes installées.
Elle se mesurera aussi à la capacité des deux États à faire de cette frontière un espace clair juridiquement, stable politiquement et vivable humainement.
Le 25 août 2026, le Mali et la Côte d’Ivoire ont donc arrêté une ligne.
La prochaine étape sera de lui donner une forme juridique.
Puis une forme physique.
Mais la véritable frontière, celle que les populations vivent chaque jour, continuera de se trouver quelque part entre ces deux réalités : la souveraineté des États d’un côté, et la continuité des relations humaines de l’autre.
À retenir
21–25 août 2026 : quatrième réunion de la Commission technique mixte à Bamako.
25 août 2026 : adoption consensuelle du tracé définitif de la frontière Mali–Côte d’Ivoire.
12–19 avril 2026 : mission conjointe de reconnaissance technique dans la zone Pogo–Zégoua.
Prochaine étape : signature du traité de délimitation par les deux gouvernements.
Après le traité : opérations de démarcation et de bornage sur le terrain.
Cadre continental : Programme Frontière de l’Union africaine.
Source
Agence Ivoirienne de Presse (AIP) — « Frontière Côte d’Ivoire-Mali : le tracé définitif adopté avant la signature d’un traité de délimitation
