Projet Planet Gold Mali : Vers le renforcement de la formalisation de l’utilisation du mercure dans l’exploitation artisanale et à petite échelle de l’or au Mali
Dans le cadre de la quinzaine de l’environnement qui se tient du 05 au 17 juin 2026, à Bamako, l’Agence de l’Environnement et du Développement Durable (AEDD ) a servi de cadre jeudi 11 juin 2026, le lancement officiel du Projet Planet Gold Mali. La cérémonie officielle du lancement était présidée par madame le ministre de l’environnement, de l’assainissement et du développement durable, TANGARA MARIAM Doumbia, en présence du Directeur général de l’AEDD, M. Zantigui Boua Koné, de la représentante de l’ONUDI, ainsi que du coordinateur du projet et certains acteurs du secteur de l’environnement.
Il faut d’abord rappeler que l’exploitation minière artisanale et à petite échelle de l’or (EMAPE) représente une source essentielle de revenus pour des centaines de milliers de personnes au Mali. Cependant, le secteur reste largement informel et fortement dépendant de l’utilisation du mercure, avec des impacts importants sur l’environnement et la santé des communautés. À travers son engagement dans la Convention de Minamata, le Mali œuvre pour une exploitation aurifère plus responsable, durable et sans mercure. Le projet GEF GOLD+ accompagne cette transition en soutenant la formalisation du secteur, l’accès à des solutions de financement responsables et l’adoption de technologies propres. Financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et mis en œuvre par l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), en partenariat avec le Ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, à travers l’Agence de l’Environnement et du Développement Durable (AEDD), ce projet s’inscrit dans une approche multisectorielle et multi-acteurs.
Dans son discours, la représentante de l’organisation des nations unies pour le développement industriel (ONUDI) a souligné que le Mali a engagé d’importantes réformes dans le secteur minier, avec l’ambition de faire en sorte que les ressources minières profitent davantage à l’État, aux collectivités et aux populations maliennes.
Cette orientation traduit la volonté des plus hautes autorités de renforcer la souveraineté du Mali sur ses ressources, d’améliorer la gouvernance du secteur, d’accroître les retombées économiques nationales et de promouvoir une exploitation plus responsable de l’or. Elle a ajouté que C’est dans cette dynamique, la formalisation de l’exploitation artisanale et à petite échelle de l’or constitue un enjeu majeur. Elle doit permettre de mieux encadrer les activités, de protéger les communautés minières, de renforcer la traçabilité de l’or, d’améliorer les revenus des acteurs et de réduire les impacts négatifs sur l’environnement et la santé.
Elle a aussi expliqué que l’exploitation artisanale et à petite échelle de l’or occupe une place importante dans l’économie nationale. Elle constitue une source essentielle de revenus pour des centaines de milliers de personnes et contribue à la dynamique économique de nombreuses localités de notre pays. Ajoutant que toutefois, cette activité demeure confrontée à plusieurs défis, notamment son caractère encore largement informel, la faible structuration des acteurs, l’accès limité aux financements, ainsi que l’utilisation non maîtrisée du mercure dans les procédés de traitement du minerai.
Cette situation engendre des conséquences préoccupantes pour l’environnement et la santé humaine. Les sols, les ressources en eau, les écosystèmes et les populations vivant à proximité des sites d’orpaillage sont exposés à des risques importants qui appellent une réponse collective, cohérente et durable. Affirmant que la problématique du mercure ne constitue donc pas uniquement un enjeu environnemental. Elle est également une question de santé publique, de préservation du capital naturel, de protection des communautés et de développement durable.
Conscient de ces enjeux, le Mali a ratifié la Convention de Minamata sur le mercure et s’est engagé à mettre en œuvre les mesures nécessaires pour réduire progressivement son utilisation et promouvoir des alternatives plus sûres et plus durables.
Elle a précisé que le projet GEF GOLD+ Mali vise à accompagner cette dynamique nationale de transformation du secteur de l’orpaillage artisanal.
Il a pour objectif de réduire durablement l’utilisation du mercure dans l’exploitation artisanale et à petite échelle de l’or, à travers une approche intégrée fondée sur la formalisation, l’accès au financement, l’adoption de technologies propres et la mise en place de chaînes d’approvisionnement en or plus transparentes, traçables et responsables. Il contribuera notamment au renforcement de la formalisation du secteur, à l’amélioration de l’accès au financement, à la promotion de technologies sans mercure, au partage des connaissances, au renforcement des capacités locales et à la prise en compte du genre, notamment l’autonomisation des femmes dans les zones d’orpaillage.
Cette approche permettra non seulement d’obtenir des résultats environnementaux significatifs, mais également de contribuer à une meilleure gouvernance du secteur, à la création d’opportunités économiques durables et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Prenant la parole pour l’ouverture des travaux de lancement, la ministre de l’environnement dira que les changements climatiques constituent aujourd’hui l’un des défis majeurs auxquels le Mali est confronté dans sa quête de développement durable. La dégradation continue des terres, l’irrégularité croissante des précipitations, les épisodes récurrents de sécheresse ainsi que les inondations de plus en plus fréquentes exercent une pression considérable sur les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la foresterie, qui demeurent les principaux moyens de subsistance de millions de nos concitoyens.
Face à cette situation, le Gouvernement du Mali poursuit avec détermination la mise en œuvre de ses engagements nationaux et internationaux en matière d’action climatique. Ces efforts se traduisent notamment par la mise en œuvre de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN), la restauration des terres dégradées, la promotion de l’agroécologie, ainsi que le développement de solutions basées sur la nature pour renforcer la résilience des communautés et des écosystèmes. Ajoutant que c’est précisément dans cette dynamique que s’inscrit le projet IAAT. Elle a annoncé que cette initiative ambitieuse vise à promouvoir les bonnes pratiques agricoles et agroforestières durables capables d’accroître la productivité des exploitations tout en préservant les ressources naturelles. Elle contribuera également à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages, à restaurer les paysages dégradés et à renforcer la capacité d’adaptation des populations aux effets des changements climatiques. Elle a expliqué que le projet bénéficiera directement aux populations des régions de Bandiagara, Douentza, Gao, Koulikoro, Mopti, Ségou et Tombouctou, à travers la mise en œuvre d’actions concrètes favorisant la restauration des écosystèmes, l’amélioration durable de la productivité Agricole et le renforcement de la résilience climatique des territoires. Elle a adressé ses sincères remerciements à Save the Children International au Mali, à l’Agence de l’Environnement et du Développement Durable, à la Direction Nationale de l’Agriculture, ainsi qu’à l’ensemble des partenaires techniques, des services déconcentrés, des collectivités territoriales et des communautés locales qui se sont fortement mobilisés pour la préparation et la mise en œuvre de ce projet.
Alassane Cissé
