L’Institut National de Formation Judiciaire Me Demba Diallo (INFJ- MDD) a tenu jeudi 12 mars 2026, les travaux de la 15ème session ordinaire de son conseil d’administration. L’ouverture de la cérémonie était présidée le secrétaire du Ministère de la Justice et des Droits de l’homme, Aboubacar Sidiki Diarrah représentant son ministre, en présence du Directeur général de l’institut, Dr Toubaye KONÉ et ainsi que l’ensemble des administrateurs.
Les points inscrits à l’ordre du jour étaient entre autres : le rapport annuel de performance 2025, le projet annuel de performance 2026, et le contrat annuel de performance 2026. Ces outils de pilotage sont indispensables pour apprécier les résultats obtenus et orienter nos actions futures.
Dans son discours d’ouverture, le Segal, Aboubacar Sidiki Diarrah a rappelé l’année 2025 a été marquée par une dynamique soutenue et des réalisations significatives malgré un contexte exigeant. Il a salué les efforts remarquables de la Direction et du personnel de l’INFJ. Rappelant à cet effet qu’en matière de formation continue, 437 acteurs de la justice ont bénéficié d’une dizaine de sessions de renforcement de capacités qui ont concerné 105 magistrats, 30 greffiers, 167 magistrats et greffiers en formations conjointes, 75 officiers de police judiciaire et 25 assesseurs et interprètes judiciaires.
《Ces actions sont essentielles pour garantir l’actualisation permanente des connaissances, voire des compétences face aux évolutions du droit et des pratiques judiciaires》, a-t-il déclaré. Ajoutant qu’en matière de formation initiale, l’Institut a assuré la fin du cycle de formation de 113 auditeurs de justice qui ont tous le réussi leur examen de sortie.
《Parallèlement, l’INFJ a accueilli une nouvelle promotion composée de 114 auditeurs de justice et de 120 greffiers en chef stagiaires》, a-t-il précisé. Poursuivant l’institut a également organisé 27 conférences couvrant des thématiques essentielles, telles que le droit international humanitaire, la lutte contre la corruption et la cybercriminalité, les violences basées sur le genre.
Sur le plan des infrastructures, il a expliqué que l’INFJ a poursuivi ses projets stratégiques. La réhabilitation et l’équipement des infrastructures ont enregistré un taux de réalisation de 86,67%.
Le démarrage de l’équipement de la cité d’hébergement a atteint un taux d’exécution de 25%.
Au titre de la recherche, l’Institut a créé la revue de droit avec le numéro ISSN 1987-1961, mais aussi, il a élaboré un manuel de procédures administratives, opérationnelles, financières et comptables ainsi qu’une circulaire sur le management des juridictions.
《Les organes de gouvernance ont fonctionné régulièrement avec deux sessions du Conseil d’Administration et une session du Conseil Scientifique et Pédagogique》a laissé entendre le représentant du Ministre avant d’ajouter que l’ensemble de ces résultats a été obtenu grâce à une gestion rigoureuse des ressources disponibles. Il a souligné que le budget de 2025 s’est appuyé sur trois sources de financement, à savoir : les ressources propres de l’Institut pour cinq millions (5.000.000) de francs CFA ; la subvention de l’État pour un milliard deux cent trente-sept millions quatre cent quatre-vingt-dix-neuf mille (1.237.499.000) francs CFA ; l’appui des partenaires techniques et financiers pour cent millions (100.000.000) de francs CFA. Il dira que le budget total de 2025 s’est donc élevé à un milliard trois cent quarante-deux millions quatre cent quatre-vingt-dix-neuf mille (1.342.499.000) francs CFA. Expliquant que ce budget a été réparti selon les priorités institutionnelles. Les investissements en infrastructures ont représenté quatre cents millions (400.000.000) de francs CFA.
La formation continue a été dotée de cent cinquante millions (150.000.000) de francs CFA.
Les dépenses de personnel se sont élevées à cent deux millions quatre cent quatre-vingt-dix-neuf mille (102.499.000) francs CFA.
Les heures supplémentaires des formateurs ont été dotées de soixante-quinze millions (75.000.000) de francs CFA.
Les charges de fonctionnement, incluant l’électricité, le téléphone et internet, ont atteint trente-sept millions neuf cent soixante-dix mille (37.970.000) francs CFA.
Il a précisé que si cette structure de dépenses reflète les priorités institutionnelles, des difficultés de décaissement au niveau du trésor n’ont pas permis de mobiliser toutes ces ressources.
《Grâce à une gestion optimale des ressources mobilisées, l’INFJ a pu poursuivre ses missions fondamentales》, s’est il réjoui.
Dans son intervention, il a signalé que la bonne gouvernance des ressources allouées s’avère un impératif indubitable et doit inéluctablement induire la rationalisation des choix budgétaires qui demeure un important levier pour faire face aux contraintes financières et faciliter l’atteinte des objectifs.
A cet égard, le projet annuel de performance pour l’année 2026 traduit une ambition renouvelée et un engagement ferme à consolider le rôle stratégique de l’INFJ. Il a aussi précisé que le projet s’articule autour de deux objectifs majeurs. Le premier objectif est d’assurer la formation initiale et le perfectionnement des acteurs de la justice pour renforcer la compétence et la capacité des acteurs chargés d’animer l’œuvre de la justice.
Pour mesurer la réalisation de cet objectif, il dira l’administration doit fixer trois indicateurs de performance à savoir : le pourcentage de réussite aux examens de sortie qui doit atteindre cent pour cent ; le pourcentage de magistrats ayant bénéficié de formation continue qui doit augmenter de 36,86% en 2025 à 50% en 2026 ; le pourcentage des autres acteurs de la justice ayant bénéficié de formation continue devant augmenter de 25,97% en 2025 à 35% en 2026.
Le deuxième objectif selon lui, est d’améliorer les capacités opérationnelles de l’INFJ.
Sur ce volet, le taux de réalisation des infrastructures programmées doit passer de 86,67% en 2025 à 100% en 2026.
Quant au taux de réalisation des études et recherches programmées, il doit être maintenu à 100%.
Au-delà de la consolidation des missions fondamentales de l’INFJ, il a annoncé que l’année 2026 verra le lancement de quatre projets structurants.
Le premier projet concerne la création d’une librairie de l’INFJ. Ce projet répond à un double impératif : offrir un espace de diffusion privilégié pour les acteurs du monde de l’édition juridique et judiciaire, et proposer aux apprenants et professionnels un point d’accès moderne et sécurisé aux ouvrages spécialisés.
La librairie fonctionnera sur un modèle de dépôt-vente avec des conditions de rétro-commission attractives.
Le deuxième projet concerne l’opérationnalisation du Centre de Documentation et de Recherche.
Ce centre sera un pilier essentiel de l’excellence académique de l’institut. Il fournira un soutien documentaire crucial aux apprenants, assurera une veille juridique constante, encouragera les travaux scientifiques, conservera le patrimoine intellectuel de l’INFJ et fournira des études et synthèses aux acteurs du système judiciaire.
Le troisième projet concerne la publication de la revue scientifique de l’INFJ.
Cette revue sera un support de référence pour la publication de travaux de recherche originaux et d’analyses doctrinales. Le calendrier de publication pour l’année 2026 est ambitieux : le premier numéro sera lancé d’ici la fin du premier semestre, et le deuxième numéro est prévu pour la fin du second semestre.
Le quatrième et dernier projet concerne l’installation de caméras de surveillance.
Ce projet vise à renforcer la sécurité des personnes et des biens, à prévenir les incidents et à faciliter les interventions en cas de besoin.
Pour l’atteinte de ces objectifs, il faut un renforcement des capacités budgétaires en termes de diversification des sources de financement et de capacité de mobilisation des ressources.
Ainsi, le budget général de l’INFJ pour l’année 2026 s’appuiera sur trois sources de financement, à savoir : les ressources propres qui demeureront à cinq millions (5.000.000) de francs CFA ; la subvention de l’État qui passera d’un milliard deux cent trente-sept millions quatre cent quatre-vingt-dix-neuf mille (1.237.499.000) francs CFA à deux milliards deux cent vingt-huit millions quatre cent soixante-quatorze mille (2.228.474.000) francs CFA, représentant une augmentation de 80% ; l’appui des partenaires techniques et financiers qui demeurera à cent millions (100.000.000) de francs CFA.
Le budget total pour l’année 2026 s’élèvera à deux milliards trois cent trente-trois millions quatre cent soixante-quatorze mille (2.333.474.000) francs CFA, représentant une augmentation globale de 73,75% pour cent par rapport à 2025.
Il a rappelé que le Gouvernement, sous la haute impulsion de Son Excellence le Président de la Transition, Chef de l’État, reconnaît l’importance stratégique de l’INFJ et s’engage à explorer toutes les voies possibles en vue d’un réajustement budgétaire qui soit à la mesure des enjeux de l’année 2026.
Le Gouvernement soutient les initiatives de l’INFJ visant à transformer l’Institut en un véritable pôle de savoir, de recherche et de diffusion de la culture juridique.
Les projets de création de la librairie, d’opérationnalisation du Centre de Documentation et de Recherche et de publication de la revue scientifique sont des initiatives louables qui doivent être encouragées et soutenues.
Le Gouvernement s’engage à mobiliser les partenaires techniques et financiers pour compléter les ressources budgétaires de l’État et financer des projets spécifiques. Cette coopération doit être renforcée et diversifiée pour élargir les sources de financement.
Alassane Cissé
