La salle de réunion du Bureau malien du droit d’auteur (BUMDA) a abrité, le vendredi 6 mars 2026, les travaux de la 49ème session ordinaire de son Conseil d’administration. La rencontre était présidée par Mme Sissoko Sirimaha Habibatou Diawara, conseillère technique représentant le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, également président du Conseil d’administration du Bureau.
Cette session a permis aux administrateurs d’examiner le bilan des activités de l’année 2025, d’évaluer la mise en œuvre des recommandations issues des sessions précédentes et de se pencher sur le programme d’activités ainsi que le budget de l’exercice 2026.
Dans son intervention, Mme Sissoko a d’abord adressé, au nom du ministre en charge de la Culture, ses remerciements aux acteurs culturels pour leur résilience et le rôle important qu’ils jouent dans la stabilisation du pays. Elle a également réaffirmé l’engagement des plus hautes autorités à accompagner et soutenir les créateurs dans l’accomplissement de leurs missions.
Rendant un vibrant hommage à la communauté des artistes et créateurs, elle a salué ces femmes et hommes qui, selon elle, « œuvrent inlassablement pour faire rayonner l’art et la culture ». Elle a aussi invité les acteurs culturels à renforcer l’union et la cohésion sociale, qu’elle considère comme des gages de paix et de développement durable.
La représentante du ministre a rappelé que cette session se tient dans un contexte marqué par une crise économique et sécuritaire persistante qui affecte les activités et les revenus des créateurs. Malgré ces difficultés, a-t-elle assuré, le gouvernement demeure déterminé à faire de la culture un levier de développement et de cohésion sociale. Elle a, à ce titre, évoqué la décision du Président de la Transition de décréter la période 2026-2027 comme année de l’éducation et de la culture.
Sur le plan social, Mme Sissoko a souligné les avancées enregistrées grâce au partenariat entre le département de la Culture et le ministère de la Santé et du Développement social, à travers l’Institut national de prévoyance sociale (INPS). Ce dispositif permet désormais à plus de 510 auteurs, artistes, producteurs et éditeurs de bénéficier d’une assistance sociale de qualité.
S’agissant des performances financières du Bureau, les administrateurs ont appris qu’en 2025, le BUMDA a réalisé des recettes de 573.542.862 francs CFA pour une prévision de 841.461.464 francs CFA, soit un taux d’exécution de 68,16 %. Tout en félicitant la direction générale sortante et l’ensemble du personnel pour les efforts fournis, la présidente de séance a exhorté l’institution à poursuivre les actions visant à améliorer la perception et le recouvrement des redevances.
Elle a notamment insisté sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre de la rémunération pour copie privée et de renforcer la collecte des droits d’auteur et des droits voisins. Dans cette dynamique, Mme Diawara a invité le BUMDA à diligenter la digitalisation de la gestion collective des droits et l’informatisation complète de son système de gestion.
Le budget 2026 du Bureau est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 1.009.701.464 francs CFA, soit une légère hausse d’environ 0,47 % par rapport à l’exercice précédent.
Prenant la parole, le directeur général du BUMDA, Yaya Sinayoko, a précisé que cette session vise également à examiner les perspectives de l’institution pour l’année en cours. Parmi les priorités figure notamment le parachèvement du processus d’adoption de la nouvelle loi devant régir le secteur de la propriété littéraire et artistique.
Selon lui, cette réforme permettra de mieux protéger les créateurs et d’améliorer leurs conditions de vie. Il a également évoqué la consolidation des acquis en matière d’assurance volontaire des artistes et l’examen du schéma de répartition des ressources issues des droits voisins.
Le directeur général a par ailleurs lancé un appel aux utilisateurs d’œuvres artistiques, notamment les organisateurs de festivals, les chaînes de télévision et les radios, à s’acquitter régulièrement des redevances dues aux artistes. Une démarche qui, selon lui, contribuera à renforcer la protection des créateurs et à améliorer leurs revenus.
Moussa Ibrahim
