Le Complexe culturel BlonBa a vibré, samedi dernier, au rythme de la restitution de l’École du Slam 2025. Placée sous le thème évocateur « Kunafauxni », cette cérémonie consacrant la 9ème promotion a réuni artistes, partenaires culturels et amoureux de la parole libre autour d’un même engagement : lutter contre la désinformation par l’art et la conscience citoyenne.
Dans un discours empreint de gravité et d’espoir, le président de l’association culturelle Jeuness’ Art, M. Aboubacar Camara, a salué la mobilisation du public venu « écouter des jeunes qui ont choisi les mots plutôt que le silence, la création plutôt que la confusion, la vérité plutôt que le faux ». Pour lui, la désinformation constitue aujourd’hui l’un des plus grands défis contemporains, fragilisant les sociétés et exposant particulièrement la jeunesse. Face à cette menace, Jeuness’ Art a fait le pari de la formation et de l’éducation par l’art.

Créée en 2017, l’École du Slam forme gratuitement, chaque année, au moins une vingtaine de jeunes. Un investissement constant qui porte ses fruits. « Ce que nous voyons aujourd’hui sur les scènes du Mali, d’Afrique et du monde, ce sont ces jeunes-là », a souligné M. Camara, non sans fierté, évoquant les anciens de l’école désormais présents sur de grandes scènes internationales.
Une réussite rendue possible, selon lui, par la conjugaison du talent, de la rigueur et de la transmission, mais surtout par l’accessibilité d’une formation inclusive, fondée sur le don de soi.
Le président de Jeuness’ Art a, par ailleurs, exprimé sa reconnaissance à Search For Common Ground Mali, partenaire du spectacle, pour son engagement en faveur de la paix, du dialogue et de la lutte contre la désinformation. Un appui qui confère, a-t-il estimé, davantage de sens et de portée à cette restitution.
Moment fort de la cérémonie, l’intervention de la major de la promotion, Assitan Doumbia, a mis en lumière le parcours des apprenants. Honorée par la distinction reçue, elle a salué l’accompagnement des Slam Masters, qui ont inculqué rigueur, écoute et respect de la parole. Se reconnaissant pleinement dans le thème de la désinformation, elle a insisté sur la nécessité de vérifier l’information avant de la relayer, afin d’éviter la propagation des fausses nouvelles.
La cérémonie s’est achevée par la remise des attestations aux trois meilleurs de la promotion ainsi qu’à l’ensemble des participants. À l’orée de ses dix ans en 2026, l’École du Slam s’affirme plus que jamais comme un creuset de formation citoyenne, où la parole engagée demeure une arme pacifique au service de la vérité.
B Diallo
