Le Programme africain de mini-réseaux du Mali (AMP-Mali) officiellement lancé
à l’hôtel Radisson, sous la présidence du ministre de l’Energie et de l’Eau, M. Boubacar DIANÉ en présence de sa collègue de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, Mme DOUMBIA Mariam TANGARA , du représentant du Directeur Général de l’Agence Nationale des Energies Renouvelables et des Bioénergies (ANERB), M. Paulin DIARRA du représentant résident du PNUD au Mali, M. Roland SÉRI, ainsi que des participants.
Dans son discours de bienvenue, le représentant du Directeur Général de l’ANERB, M. Paulin DIARRA a d’abord rappelé que le Mali, à linstar des autres pays de la région de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, connait un faible taux d’accès à l’électricité. Selon lui, dans la plupart de ces pays, l’accès à l’électricité est essentiellement limité aux zones urbaines. Il a expliqué que le projet est la composante nationale du Programme Africain de mini-réseaux, qui est un programme d’assistance technique pour les mini-réseaux, pilotés par les pays, et actif dans 21 pays africains. Il a été conçu pour soutenir les efforts en cours en vue de développer les marchés des mini-réseaux dans toute l’Afrique, renforcer la collaboration et les partenariats pendant la mise en oeuvre du programme. M. Paulin DIARRA a ajouté que ce Projet s’inscrit donc parfaitement dans la nouvelle vision Mali 2063 et sa stratégie nationale à moyen terme visant à valoriser ses énormes potentialités en énergies renouvelables (solaire, hydroélectrique, éolienne, hydrogène), à réduire considérablement la dépendance à l’énergie thermique en vue d’assurer la sécurité énergétique du pays. Selon lui, cet atelier de lancement vient deux semaines après l’atelier technique du projet tenu le 13 novembre 2025, qui a permis de réunir les parties prenantes pour renforcer leur appropriation du contenu du document de projet (Prodoc), clarifier les rôles et responsabilités des parties prenantes dans la mise en oeuvre des activités du projet et recueillir des conseils/orientations pour une meilleure mise en oeuvre.
M. DIARRA a souligné que le projet sera mis en oeuvre à travers une Unité de Gestion du Projet (UGP), hébergée au sein de l’Agence Nationale des Énergies Renouvelables et des Bioénergies (ANERB). Poursuivant que des activités spécifiques seront également exécutées par la Direction Nationale de l’Énergie (DNE), l’Agence Malienne de Développement de l’Énergie Domestique et de l’Électrification Rurale (AMADER), l’Agence Nationale de la Grande Muraille Verte (ANGMV). M. Paulin DIARRA a mentionné qu’un Comité de Pilotage est également prévu pour une meilleure orientation et supervision des activités du projet. De plus, l’équipe du PNUD assurera un rôle assurance qualité pendant la mise en oeuvre du projet.
Pour M. Roland SÉRI le représentant résident du PNUD au Mali, ce projet va contribuer significativement à réaliser l’ambition du gouvernement malien pour accélérer l’accès universel à une énergie propre, fiable et abordable, tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique et à la transformation socio-économique des communautés rurales. Pour lui, AMP-Mali s’aligne sur les priorités nationales déclinées dans la vision 2063 « Mali Kura gnetaasira ka ben San 2063 » et sa Stratégie Nationale de Développement Durable (SNEDD 2024-2033) en contribuant à la formulation et à la mise en œuvre du projet structurant 2 « Yellen Kura Éclairer le Mali » en renforçant les capacités de production du mixte énergétique à travers l’utilisation d’Energies Renouvelables en milieu rural. Il a expliqué que c’est dans ce cadre que se situe la contribution du projet AMP-Mali qui vise à apporter une réponse concrète à ces défis. Il s’agit de promouvoir des mini-réseaux verts basés sur les énergies renouvelables, en réduisant les coûts grâce à des modèles économiques innovants et à la digitalisation. Il ambitionne également de stimuler l’investissement privé et de mettre en place des mécanismes financiers attractifs pour un marché durable. Enfin, il s’inscrit dans une logique d’intégration des énergies propres dans les chaînes de valeur agro-sylvo-pastorales, renforçant ainsi la résilience climatique et les moyens de subsistance, notamment sur le tracé de la Grande Muraille Verte.
De son côté, la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, Mme DOUMBIA Mariam TANGARA expliqué que les objectifs du présent projet, visant à soutenir l’initiative de la Grande Muraille Verte, cadrent parfaitement avec la CDN-Mali et les orientations des documents stratégiques GMV à travers la mise à échelle des Fermes Agricoles Communautaires Intégrées (FACI), la promotion des Energies Renouvelables pour améliorer la productivité et la production des systèmes agro-sylvo-pastoraux, optimiser les chaines de valeurs, contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) en vue d’améliorer les moyens de subsistance des populations locales et la restauration des écosystèmes. Et d’ajouter que l’approche inclusive qui sous-tend la mise en œuvre de l’initiative Grande Muraille Verte, tient compte de son caractère intégré, multisectoriel, multi- acteurs, d’où l’importance d’une synergie d’actions. C’est pour cette raison qu’elle apprécie à sa juste valeur la collaboration du Ministère de l’Energie et de l’Eau avec son Département pour une mise en œuvre efficace de ce projet dont les résultats contribuent à leurs attentes à travers l’installation de photovoltaïque (PV) solaire d’une puissance de 0,309 MW et la mise en place de batteries de stockage d’une capacité de 0,754 MWh.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Energie et de l’Eau, M. Boubacar DIANÉ dira que l’objectif de ce projet est de soutenir l’accès à l’énergie propre en augmentant la viabilité financière et en favorisant les investissements commnerciaux accrus, dans les mini-réseaux d’énergies renouvelables en Afrique, tout en mettant l’accent sur les leviers de réduction des coûts et les modèles économiques commerciaux innovants. Ce projet, selon lui n’est pas seulement un investissement énergétique mais il s’agit d’un investissement pour la dignité humaine, l’inclusion sociale et la croissance durable.
Chaque village électrifié grâce à un mini-réseau est un village qui peut développer une école moderne, un centre de santé performant, des activités génératrices de revenus et surtout, l’espoir d’un avenir meilleur. Il a expliqué que le Mali dispose d’un immense potentiel énergétique, notamment le solaire, ‘hydroélectricité, l’éolien et la biomasse. « Cependant, nous faisons face aujourd’hui à un défi structurel: celui de garantir un accès équitable à cette ressource essentielle en particulier pour nos populations rurales et isolées, qui restent encore trop souvent en marge du service public de l’électricité », a-t-il déclaré. Et d’ajouter que le Programme Africain de mini-réseaux dont nous lançons aujourd’hui la phase nationale, vient apporter une réponse innovante, concrète et durable à ce défi.
En développant des mini-reseaux modernes, intégrant les énergies renouvelables et des technologies de gestion avancée, ce programme permettra : d’améliorer significativement le taux d’accès à l’électricité en milieu rural; de renforcer la résilience et la fiabilité de notre système énergétique; de stimuler l’activité économique locale, l’entrepreneuriat et les services essentiels. Il a également noté la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur la durée de vie des activités du projet, estimée à 16,929 tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone direct et 631697 tonnes de CO2 indirect. Le nombre de bénéficiaires directs est estimé à 8665 personnes, dont 50% des femmes, grâce à 1752 nouveaux raccordements aux mini-réseaux. Le projet sera mis en euvre à travers un partenariat fécond entre l’Agence Nationale des Energies Renouvelables et des Bioénergies, la Direction Nationale de l’Energie, l’Agence Malienne de Développement de l’Energie Domestique et de l’Electrification Rurale et l’Agence Nationale de la Grande Muraille Verte.
Il a salué l’engagement de toutes les structures impliquées : les services techniques de l’Etat, les collectivités territoriales, les opérateurs privés, les organisation communautaires et leurs partenaires de développement. Il a rappelé que le projet bénéficie de l’appui financier du Fonds pour l’Environnement Mondial et du PNUD, pour un montant total de 2 084 476 dollars américains, soit 1,25 milliards de FCFA, pour une durée d’exécution de quatre ans.
Il a terminé ses propos en remerciant l’ensemble des acteurs qui oeuvrent pour le développement du secteur de l’énergie en général et du sous-secteur des énergies renouvelables en particulier ainsi que tous ceux qui ont contribué à la bonne organisation de cet évènement.
Alassane Cissé
