Sous la haute présidence du ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le général de corps d’armée Ismaël Wagué, s’est tenue ce mercredi 17 septembre 2025 à l’ex-CRES de Badalabougou la cérémonie de remise
des prix aux lauréats du mini-concours « Voix de la réconciliation : de la tradition à l’intelligence artificielle ».
La rencontre, organisée en présence de plusieurs membres du gouvernement, des responsables d’institutions et des bénéficiaires, a mis en lumière l’alliance entre patrimoine culturel et technologies modernes au service de la paix.
Dans son intervention, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Bourema Kansaye, a salué l’initiative et rappelé l’importance des valeurs ancestrales dans la construction de la paix. Illustrant ses propos par une anecdote, il a expliqué que le premier signe de civilisation fut découvert par les anthropologues à travers un fémur cassé puis guéri.
« Dans les temps primitifs, un homme blessé ne pouvait ni chasser ni se défendre. Sa survie dépendait donc de la solidarité et du soutien des autres. C’est cette présence qui constitue le premier signe de civilisation », a-t-il souligné, avant d’inviter à valoriser ces valeurs profondément enracinées dans nos sociétés.
Grâce à l’outil Suno, les jeunes participants ont pu composer des chansons en langues nationales bamanakan, fulfulde, tamasheq, songhay, dogon, soninké, malinké, mamara, sénoufo, bomu en fusionnant kora, balafon, djembé, imzad et autres instruments traditionnels avec des sonorités modernes.
« Ce que nous célébrons ce soir, ce n’est pas seulement un concours musical, mais une rencontre entre tradition et innovation », a déclaré le Pr. Kansaye. « La culture, dans toutes ses dimensions, restera un vecteur essentiel de la réconciliation », a-t-il ajouté.
Très émus au moment de la proclamation des résultats, les lauréats ont partagé leur expérience. Koné Seydou, porte-parole de son équipe, a expliqué :
« Nous avons choisi de traduire le texte en bambara, parce que c’est la langue la plus parlée au Mali. Puis nous avons ajouté les notes du balafon, de la flûte et du djembé, avant d’y mêler une touche de modernité. Ce travail collectif a été une véritable source de fierté. »
Les chansons primées, enregistrées et conservées sur des mini-clés USB, porteront loin les messages de paix, de tolérance et de solidarité.
Avec cette initiative, la SENARE 2025 démontre la volonté du gouvernement malien de donner à la paix « un visage vivant, un son rythmé, une voix mélodique », en puisant dans la richesse des traditions et en s’ouvrant aux innovations de l’intelligence artificielle.
Moussa Ibrahim
