Lutte Contre la Désinformation et le discours de haine
30 Jeunes leaders communautaires et acteurs de la société civile outillés à travers un Forum communautaire.
L’association La Femme en Moi a organisé, ce vendredi 22 août 2025 au Centre Mérieux, un Forum communautaire dédié à la lutte contre la désinformation et les discours de haine. Cette initiative vise à renforcer la cohésion sociale, la promotion des droits humains et la bonne gouvernance au Mali, avec l’appui financier de l’organisation canadienne Journalistes pour les Droits Humains (JDH). L’événement s’est tenu en présence de Mme Awa Mah Camara, Coordinatrice nationale de La Femme en Moi, de M. Moro Siaka Diallo, Coordinateur national de JDH au Mali, ainsi que de 30 participant(e)s, notamment des jeunes, des femmes, des leaders communautaires et des représentants d’organisations œuvrant pour les droits humains et civiques.

Au Mali, la désinformation est devenue un phénomène préoccupant, menaçant directement la stabilité sociale, la cohésion communautaire et les efforts de consolidation de la paix. Pour lutter contre ce fléau, l’Organisation canadienne Journalistes pour les Droits Humains (JDH), en partenariat avec l’association La Femme en Moi, a initié une journée de sensibilisation visant à renforcer les capacités des jeunes et des femmes. L’objectif est de leur fournir les outils nécessaires pour identifier, comprendre et combattre efficacement la désinformation, tout en promouvant la responsabilité civique. En effet, les fausses informations se propagent à grande vitesse, amplifiées par la montée en puissance des réseaux sociaux et le manque de maîtrise des outils de vérification de l’information. Le tout dans un contexte déjà fragilisé par l’insécurité, les tensions intercommunautaires et les crises multiples. Pour Mme Awa dite Mah Camara, journaliste et coordinatrice de La Femme en Moi, cet atelier s’inscrit dans une dynamique de formation et d’engagement communautaire : « En tant que membres d’organisations de femmes, de filles et de jeunes, nous avons voulu échanger avec nos pairs sur la désinformation et ses impacts. L’objectif est de faire de chacun un relais capable de sensibiliser et d’agir dans sa communauté. »
Face à la montée inquiétante de la désinformation, les femmes, les filles et les jeunes apparaissent comme les couches les plus vulnérables, notamment sur les réseaux sociaux, où ils sont à la fois les plus actifs et donc les plus exposés. « Nous pouvons être victimes de désinformation, de malinformation, et parfois même en être les producteurs ou productrices sans le savoir », a expliqué Mme Awa Mah Camara. Elle a rappelé que La Femme en Moi n’en est pas à son premier engagement sur ce sujet. L’organisation cible particulièrement les femmes, les filles et les jeunes avec des projets spécifiques. C’est le cas du projet « Fonds FAD », un programme 100 % féminin axé sur le renforcement des capacités, la production d’articles et de podcasts à travers une rédaction entièrement composée de femmes. L’ambition est d’étendre cette initiative à d’autres organisations similaires.
M. Hamidou Maïga, président de La Voix des Jeunes du Mali et membre du Conseil National de la Jeunesse (CNJ), a salué l’organisation de ce forum communautaire. Il a souligné la pertinence du thème, en lien direct avec les réalités actuelles que traverse le pays. « Les sujets abordés sont d’actualité, et le cadre de dialogue est approprié pour sensibiliser la communauté de manière conviviale et constructive », a-t-il affirmé. Il a souligné que la jeunesse malienne doit être formée sur la compréhension de l’information et la manière de la relayer. « Aujourd’hui, beaucoup de jeunes s’informent via les réseaux sociaux, un espace où il est très facile de se faire manipuler par des individus mal intentionnés », a-t-il averti. Il a salué cette formation, qu’il juge salutaire et essentielle, en appelant à sa poursuite et à son extension hors de Bamako, car, selon lui, « certains jeunes manquent de repères et, pour un simple gain quotidien, se laissent manipuler ou manipulent d’autres ».
De son côté, Mme Djelika Traoré, Coordinatrice de l’organisation El’Protect, a qualifié ce forum communautaire d’opportunité précieuse : « Toutes les associations n’ont pas les moyens de bénéficier de telles formations. Ce genre d’initiative nous permet non seulement de nous former, mais aussi de relayer l’information au sein de nos structures, en partageant les connaissances acquises » Elle a particulièrement insisté sur l’importance du thème la désinformation et la participation citoyenne , en lien avec le secteur de la santé, domaine fortement touché par la désinformation à l’échelle mondiale. « En tant qu’organisation de la société civile, nous voyons en cette formation une initiative à pérenniser. Elle doit être renforcée pour permettre à davantage d’OSC de s’améliorer, car la jeunesse représente l’avenir », a-t-elle souligné
Lors de son discours d’ouverture, M. Moro Siaka Diallo, Coordinateur national de l’organisation canadienne Journalistes pour les Droits Humains (JDH) au Mali, a rappelé l’accompagnement que JDH apporte à l’association La Femme en Moi, une organisation locale et communautaire engagée dans la promotion et la protection de l’égalité des sexes, le soutien au leadership féminin et la participation des femmes et des filles aux processus de développement au Mali. Il a précisé que JDH est une organisation canadienne dont la mission est d’outiller les journalistes et les médias à traiter les questions liées aux droits humains de manière efficace, éthique et bénéfique pour leurs communautés. « Dans cette dynamique d’appui au développement du secteur de l’information et des médias au Mali, notre approche vise à éduquer les publics aux médias et à l’information, afin que les femmes, les jeunes, les leaders communautaires et diverses catégories socio-démographiques puissent ensemble participer à la lutte contre la désinformation et les discours haineux », a-t-il déclaré. Il a poursuivi en soulignant que la désinformation et les discours de haine circulent de plus en plus sur les réseaux sociaux, infiltrant les conversations communautaires et parfois même les colonnes de la presse professionnelle au Mali. Pour lui, ce phénomène n’est plus seulement un enjeu de communication, mais a désormais des conséquences humaines, sociales, politiques, économiques et sécuritaires. « Nous soutenons la lutte contre la désinformation et les discours haineux dans le but de renforcer le vivre ensemble, la cohésion sociale, la protection des droits humains et d’encourager la bonne gouvernance dans ce contexte de transition et de réformes en cours », a-t-il conclu.
Aissetou Cissé…
