Au Mali, l’Etat a mobilisé 12,74 milliards de Fcfa pour assurer la sécurité alimentaire
Le Président de la transition, Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Chef de l’État, a procédé au lancement officiel du Plan national de réponse à l’insécurité alimentaire, édition 2025. La cérémonie s’est déroulée mardi 12 août 2025, à l’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM), sis à Sogoniko, en présence du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement, du Président du CNT, du ministre commissaire à la sécurité alimentaire, des diplomates et représentations des Organisations internationales accréditées au Mali, des partenaires du Mali, du Directeur général adjoint de l’OPAM et de bien d’autres personnalités.
Dans son intervention, la secrétaire générale de la mairie de la commune VI du district de Bamako s’est réjouie de cette action de l’Etat en faveur des personnes vulnérables. Elle a salué l’engagement sans faille du chef de l’Etat et celui du gouvernement dans le but d’assurer la sécurité alimentaire dans l’ensemble du pays. Prenant la parole, le représentant des partenaires, a rappelé que depuis plusieurs années, le Mali est confronté à de graves défis : aléas climatiques, conflits et difficultés économiques fragilisent les ménages. Selon le Cadre Harmonisé de novembre 2024, plus de 1,4 million de personnes se trouvent en situation de crise ou d’urgence alimentaire. »En 2025, notre objectif est d’apporter une assistance à 2,3 millions de personnes vulnérables. Cependant, un déficit de financement de plus de 200 millions de dollars américains persiste » a-t-il souligné avant d’ajouter que malgré ces contraintes, plus de 800 000 personnes ont déjà été assistées. »Dans ce contexte, nous voulons concentrer nos efforts sur des approches intégrées, associant aide alimentaire, relèvement précoce, activités génératrices de revenus et soutien à l’agriculture d’urgence.
Cette stratégie s’inscrit dans la vision partagée de transformation des systèmes alimentaires du Mali vers la souveraineté alimentaire et la résilience communautaire » a laissé entendre le chef de file des partenaires. Il dira que le PAM, aux côtés du Gouvernement et des partenaires, restera pleinement engagé pour : distribuer vivres ou coupons alimentaires, fournir un soutien nutritionnel aux enfants et aux femmes enceintes ou allaitantes, renforcer les moyens d’existence pour faire face aux chocs.
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Le ministre commissaire à la sécurité alimentaire dans son discours a rappelé qu’après Mopti en 2021, poursuivi à Nioro du Sahel en 2022, consolidé à Ségou en 2023, puis renforcé à Sikasso en 2024, ce rituel se poursuit et trouve cette année un nouvel ancrage au cœur de la capitale, Bamako. »En plaçant la sécurité alimentaire au sommet des priorités de l’État, vous avez bien su redonner confiance à nos compatriotes, qui ont besoin de boussole et d’assurances dans le brouillard d’incertitudes multiples et multidimensionnelles, toutes exacerbées par un contexte sous-régional et international peu favorable » a-t-il signalé.
Il a expliqué que cependant, bien que ces résultats soient encourageants, la situation globale demeure préoccupante dans certaines zones du pays, où l’insécurité alimentaire reste fortement aggravée par la récurrence de chocs biophysiques et agro-climatiques, compromettant gravement les productions agricoles et les moyens de subsistance. Et d’ajouter que cette réalité se traduit hélas par une hausse des prix des produits de première nécessité sur certains marchés régionaux et locaux, tout en affectant durement les ménages vulnérables, dont l’accès à l’alimentation dépend principalement des achats sur les marchés. C’est pour répondre à ces besoins pressants, explique-t-il, que l’État a mobilisé une enveloppe budgétaire globale de 12,74 milliards de FCFA. Ce financement permettra, entre autres de : fournir une assistance alimentaire gratuite composée de 22 700 tonnes de céréales ; organiser des ventes à des prix subventionnés pour 11 500 tonnes de riz provenant du Stock d’Intervention de l’État (SIE) ; mettre en œuvre des opérations de « Facilité alimentaire » sous forme de kits alimentaires vendus à moitié prix en faveur de 16 000 ménages vulnérables identifiés dans les six communes du District de Bamako et dans d’autres centres urbains à l’intérieur du pays.
Redouwane Mohamed Ag Ali a par ailleurs rappelé que le Plan National de Réponses 2025 intègre des actions de résilience visant à renforcer durablement les moyens d’existence des populations. Il s’agit notamment, entre autres interventions structurantes, de réalisation ou de réhabilitation de périmètres maraîchers, ainsi que de l’aménagement et de la restauration de terres dégradées (2 800 hectares). Il dira aussi que le Programme Alimentaire Mondial (PAM) vient en appui aux efforts du Gouvernement avec un financement 15 milliards de FCFA et 10 000 tonnes de vivres pour couvrir les besoins immédiats des populations les plus affectées, soit une assistance pour 685 000 bénéficiaires. Face aux partenaires, il dira aussi que leur responsabilité collective est d’apporter un soutien effectif aux couches les plus vulnérables, souvent les moins préparées, face aux multiples crises – qu’elles soient sécuritaires, climatiques ou économiques. Ainsi, sur le plan institutionnel, il a expliqué que des réformes importantes ont été menées en vue de rendre notre administration plus opérante, plus moderne et à même de répondre aux exigences de rendement et de qualité attendu d’elle. Au titre de ces reformes nous pouvons mentionner, entre autres, un ciblage précis des bénéficiaires, l’amorce d’une planification conjointe, une meilleure gestion des stocks nationaux, le renforcement du mécanisme de suivi-évaluation, la mise en place d’un système innovent d’accès à l’alimentation pour les couches modestes appelé « Facilité Alimentaire Malienne (FAM) », et une non moindre réalisation qu’il est important de mentionner est la création de l’Agence de Veille et d’Alerte en Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (AVASAN), suite à la fusion du Système d’Alerte Précoce et de l’Observatoire des Marchés Agricoles. Et d’ajouter que toutes ces réformes qui viennent d’être effleurées prouvent qu’il est nécessaire de conjuguer ensemble les efforts pour dynamiser, avec ambition et sens d’innovation, le secteur de la sécurité alimentaire, qui demeure un pilier fondamental de stabilité et de cohésion sociale dans notre pays.Lors de son entretien avec la presse, le Chef de l’État a exprimé toute sa satisfaction et a contextualisé cette initiative, soulignant les trois volets principaux de l’opération à savoir la distribution gratuite de plus de 22 000 tonnes de céréales, la vente subventionnée d’environ 11 500 tonnes de riz et un dernier volet dénommé « volet de résilience » qui vise à soutenir les maraîchers, les pisciculteurs et les actions de restauration des terres dégradées. Le Général GOÏTA a rappelé que ce plan s’inscrit pleinement dans la vision de souveraineté alimentaire prônée par la Transition, avec pour objectif de garantir à chaque Malien un accès équitable à une alimentation suffisante et saine. Le Président de la Transition a salué la résilience des populations maliennes.
À titre symbolique, les gouverneurs des régions de Kita, Dioïla, Nara ainsi que celui du District de Bamako ont reçu des mains du Président de la Transition les décisions officielles de dotation. Ce moment fort a été suivi du coup d’envoi symbolique des camions chargés de transporter les céréales à travers le pays. Le Président GOÏTA a ensuite effectué une visite guidée des magasins de l’OPAM.
Alassane Cissé
