Constant Mutamba est accusé d’avoir détourné 19 millions de dollars dans le cadre d’un projet de construction d’une prison à Kisangani.

L’ancien ministre de la Justice a comparu devant la Cour de cassation et dès le début de l’audience, les juges ont rejeté deux requêtes d’annulation des poursuites. Les avocats de l’accusé dénonçaient le « non-respect de la procédure » lors de la mise en accusation.
Le procès de l’ancien ministre congolais de la Justice, Constant Mutamba, est en cours. L’audience d’instruction a débuté le mercredi 23 juillet et l’accusé a répondu aux questions des juges.
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« Je voudrais rappeler que je n’ai jamais touché à un franc, c’est pourquoi je n’ai pas voulu fuir »… la voix de l’accusé Constant Mutamba est ferme, elle ne tremble pas quand il répond aux juges de la Cour de cassation. Celle-ci le poursuit pour le détournement de plus de dix-neuf millions de dollars américains, destinés à l’indemnisation des victimes de la guerre de six jours qui a vu s’affronter en juin 2000, à Kisangani, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, les armées ougandaise et rwandaise.
Une clarification
Dès le début de l’audience, la défense de Constant Mutamba a présenté certaines exceptions dans le but d’obtenir l’annulation de l’instruction menée par le Parquet général ainsi que l’irrecevabilité de l’action. Des exceptions rejetées par la Cour en ces termes :
« La cour de cassation, chambre réunie, statuant en matière répressive au premier et dernier degré, le ministère public entendu, reçoit les exceptions mais les dit non fondées ».
En réponse aux interrogations de la Cour relatives au détournement présumé, Constant Mutamba, a d’abord informé la Cour qu’à son entrée en fonction, le ministère de la Justice disposait d’un solde de huit millions, somme qu’il n’a jamais utilisée, ce qui prouve, selon lui, qu’il n’avait pas l’intention de voler.
« C’est de l’argent que j’ai trouvé, que j’ai conservé.Donc si je pouvais toucher à cet argent, mais déjà les millions que j’avais trouvé, j’ai laissé cet argent et jusqu’aujourd’hui ça se trouve là » a assuré l’ancien ministre.
Les partisans réagissent
Le procès est suivi avec attention par la population congolaise, notamment par les partisans de l’accusé Mutamba, qui placent leur confiance en ce jeune ancien ministre. Pour l’un de ses partisans « ce procès est vraiment très politisé ». Pour un autre, Constant Mutamba « sera acquitté ».
« Comment quelqu’un de véridique, jeune comme lui, il défend le Congo, comment vous l’intercaler et pourquoi ? » s’interroge un autre.
Après le début de l’instruction à l’audience de mercredi, l’affaire a été renvoyée au 30 juillet 2025.
À seulement 37 ans, Constant Mutamba a occupé le poste de ministre de Justice entre juin 2024 et juin 2025. L’ancien avocat au barreau de Kinshasa Gombe est notamment connu pour ses prises de positions et ses critiques, notamment sur le bilan de ses prédécesseurs.
La prochaine audience est prévue le mercredi 30 juillet.
